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(Quentin Tarantino, 2009)

Inglourious Basterds, « masterpiece » de Tarantino ?

Inglourious Basterds, sorti en 2009, semble marquer l’entrée de Tarantino dans une nouvelle ère cinématographique où le révisionnisme historique se déguise sous des apparences de westerns. En effet, Tarantino nous offrira par la suite Django Unchained (2012), prenant place deux ans avant le début de la guerre de Sécession. Dépeignant le portrait d’un esclave qui s’introduit dans une maison de maître dans le but ultime de retrouver sa femme, ce film ne déroge pas à l’esthétique de Tarantino. Puis, en 2019, Once Upon a Time in … Hollywood, s’affirme en tant que chef d’œuvre en revisitant le meurtre de Sharon Tate par Charles Manson.

Alors que Once Upon a Time in … Hollywood demeure sous les feux des projecteurs, qu’est-ce qui nous fait aujourd’hui revenir à Inglourious Basterds, film qui a pourtant essuyé de nombreuses critiques au moment de sa sortie ?

Synopsis & personnages

Non sans rappeler Les Douze Salopards (1967) de R. Aldrich, le titre du film annonce d’ores et déjà la couleur en nous renvoyant aux films de guerre américains. Mais, tout d’abord, attachons-nous au synopsis. Shosanna Dreyfus, jeune femme juive, interprétée par Mélanie Laurent, incarne la figure de la « vengeance juive » qui, sous couvert d’avoir accepté de diffuser en avant-première un film de propagande nazi (La Fierté de la Nation), prépare en réalité un attentat contre les hauts dirigeants du Troisième Reich.

Trois personnages principaux se dessinent, obéissant à la formule des contes de fées, à savoir la lutte entre « le méchant », « le héros » et « l’héroïne ».

Le méchant, l’officier nazi Landa, interprété par Christoph Waltz, se caractérise par son ambivalence. Il conjugue l’atrocité et la bestialité nazies à la satire. Dès la scène d’ouverture, le spectateur est déstabilisé par ce personnage qui, tout en se vantant du surnom de « Chasseur de Juifs » qu’on lui attribue et tout en énonçant des clichés nazis, sourit et rit de façon tout à fait détachée. Ainsi, il participe à l’introduction d’une scène d’ouverture réaliste, à la façon dont Spielberg traite le sujet de la Seconde Guerre Mondiale dans La Liste de Schindler (1993).

Le héros, Aldo Raine (Brad Pitt), est le chef des « Inglourious Basterds », groupe de 8 soldats juifs qui se sont donné pour objectif de tuer une centaine de nazis. Connu sous le surnom d’«Aldo the Apache », il instaure le rituel du scalp des nazis, se référant à une coutume indienne. Caractérisé par un accent du Tennessee bien prononcé, ce personnage semble mêler violence et humour, deux composantes inhérentes aux westerns décalés de Tarantino.

L’héroïne, Shosanna Dreyfus, après avoir échappé au massacre de sa famille, reprend un cinéma à Paris sous le pseudonyme d’Emmanuelle Mimieux. Figure du révisionnisme historique, la caméra est braquée sur elle à la façon d’une fétichiste qui contemple sa proie. Close-ups sur sa bouche, sur ses pieds, sur ses yeux, Shosanna en devient fascinante, enivrante.

Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent) – (Source : https://www.allocine.fr)

Une fois de plus, il semble que les personnages n’existent qu’au travers du devoir qu’ils se sont donné pour tâche d’accomplir. Landa chasse les juifs, Raine traque les nazis et Shosanna cherche à accomplir sa vengeance. Ainsi, ce film n’échappe pas au naturalisme qui imprègne l’univers fantasmagorique de Tarantino. Toutefois, j’émets quelques réserves quant à ce simpliste réductionnisme qui reviendrait à faire d’un personnage, comme Landa, une véritable entité téléologique. Bien plus complexe qu’il n’y parait, l’officier allemand constitue un réel pivot de l’histoire. Il nous fait entrevoir derrière cet apparent révisionnisme historique de la chute du Troisième Reich, un monde typique des westerns où, seuls les plus forts ont du pouvoir.

Western spaghetti ?

Découpé en cinq chapitres, Inglourious Basterds s’articule principalement autour de la thématique du western, chère à Tarantino. Le premier volet, intitulé « Il était une fois … dans une France occupée par les nazis » n’est pas sans évoquer l’incontournable du western italo-américain, Il était une fois dans l’Ouest (1968), réalisé par le très grand Sergio Leone. Le clin d’œil ne s’arrête pas à l’intitulé puisque la scène d’ouverture est structurée par la force des regards (du fermier, de Landa et de la famille juive cachée sous le plancher), qui renvoie à la célèbre scène du duel du chef d’œuvre de Sergio Leone. La couleur bleue des yeux rappelle les yeux de L’Homme à l’harmonica (Charles Bronson) et de Frank (Henry Fonda). Le jeu sur les gros plans rend intense ce moment où la tension est plus que palpable.

Le topos du duel imprègne le film de Tarantino au point où chaque personnage semble se dévoiler peu à peu au travers du regard d’un autre personnage et vice-versa. D’abord, le fermier Lapadite se retrouve en tête à tête avec Landa, puis, Raine avec un officier nazi, Shosanna avec Fredrick Zoller (figure éponyme de La Fierté de la Nation), Shosanna avec Landa, Landa avec Bridget Von Hammersmark (vedette de cinéma allemande infiltrée), Landa avec Raine…

Scène d’ouverture : Landa (à gauche) et Lapadite (à droite) se confrontent par le regard. (Source : https://www.pinterest.fr)

De plus, le film est imprégné par la violence propre aux westerns. Cela se retrouve dans de nombreuses scènes de massacre comme la scène d’ouverture, la scène se déroulant dans le bar « La Louisiane » ou encore la scène finale. Cette violence est toujours contrebalancée par une teinte d’humour liée aux rires des personnages, à leur absurdité ou encore à la musique. Par exemple, la scène finale aux allures fantastiques, rythmée par la musique de Bowie et clairsemée de vives teintes de rouge qui ornent Shosanna et la salle de cinéma, nous livre comme paysage, un champ de bataille aux dimensions rétros qui fait écho à l’ambiance de Pulp Fiction.

La musique constitue un élément clé du film de Tarantino. C’est elle qui plonge le film dans l’univers du western. On se souvient ici du fond d’harmonica qui berce le troisième chapitre (« Soirée allemande à Paris ») et nous rappelle la composition d’Ennio Morricone pour Il était une fois dans l’Ouest. Ou encore de La Lettre à Élise de Beethoven aux allures rythmiques et symphoniques de western dans la scène d’ouverture. En cela, le fond musical assemble les cinq volets de façon à former un « western spaghetti » unique.

Mais ce n’est pas le seul liant. Landa présent lors de la scène d’ouverture et lors de la scène finale semble incarner le fil conducteur du film. En effet, le film ne s’achève pas sur la vengeance de Shosanna, sur les morts d’Hitler et de Goebbels. On comprend alors que le propos du film ne se limite pas à l’idée de tuer Hitler et Goebbels à travers l’écran mais s’étend bel et bien aux pouvoirs du cinéma.

Un hommage au cinéma

Derrière le western à l’italienne se dissimule une déclaration d’amour faite par Tarantino au cinéma. Le cinéma, par sa force, se trouve au service de l’héroïsme. En effet, les victimes de la Seconde Guerre Mondiale, ici les Juifs au travers des figures de Shosanna et des « Basterds », deviennent des héros. Par ailleurs, les figures des oppresseurs, à savoir Goebbels et Hitler, sont tournées en ridicule et caricaturées. Nous sommes face à deux personnages caractérisés par leur suffisance et leur vide inhérents. Hormis demander un chewing-gum à la menthe à des officiers SS lors de la première de « La Fierté de la Nation », Hitler ne contribue que peu à la scène. En ce sens, le cinéma permet de proposer un révisionnisme positif, car comique, de l’Histoire. Certes, on ne peut pas changer l’Histoire mais on peut changer la vision que l’on en a. On peut alors parler chez Tarantino d’une véritable « catharsis cinématographique » qui rejoindrait une vision plus globale de l’Art qui s’offre à la purification des passions.

De façon plus concrète, c’est bien le cinéma qui recueille Shosanna. Aussi, la pile de 35-mm en nitrate permet de mettre le feu à la salle de cinéma lors de la scène finale. De la même façon, dans Once Upon a Time in … Hollywood, Rick Dalton (incarné par Leonardo DiCaprio) tue une complice de Charles Manson grâce à son lance-flammes, acquis lors d’un film où, au travers du rôle qu’il interprétait, il avait pour mission de brûler des nazis avec. Le cinéma et donc par extension, l’Art, sauvent !

Subtilité historique : « masterpiece » de Tarantino ?

Enfin, Tarantino joue avec l’Histoire mais de façon subtile. Certes, le film est imprégné de l’atmosphère naturaliste, véritable composante de l’esthétique de Tarantino. Mais derrière cela, se dissimulent des personnages ambivalents qui semblent être animés par autre chose que par le but qu’ils se sont fixé. En cela, Tarantino retravaille l’Histoire tout en respectant la mémoire puisqu’il va au-delà du raccourci historique qui reviendrait à considérer le monde de 39-45 comme un monde manichéen (d’un côté les bons, de l’autre les mauvais). En effet, le fermier Lapadite, que l’on pourrait considérer comme étant du côté des « bons » puisqu’il cache des Juifs, finit par les dénoncer. De la même façon, le nazi Fredrick Zoller quitte l’avant-première car il juge les scènes trop violentes. Aussi, la relation entre Fredrick Zoller et Shosanna ressort en demi-teinte, entre attachement, Shosanna s’adresse au soldat comme à un enfant, et acharnement, Fredrick bouscule violemment Shosanna qui l’a repoussé. Cette façon de traiter un sujet épineux comme la Seconde Guerre Mondiale n’en est ni plus ni moins réaliste. Elle n’est pas sans évoquer la façon dont Spielberg s’attelle à ce sujet.

De façon concrète cette subtilité historique se traduit par des alternances entre des plans en contre-plongée, lors des « séances de scalp » ou encore lorsque Shosanna grimpe sur son échelle ou sur l’escalier de son cinéma, et des plans en plongée, lors de la scène d’ouverture au travers du regard de la famille juive sous le plancher. Cette succession de dynamiques de mouvement ascendantes et descendantes traduisent la complexité des rapports de force entre les personnages et de l’Histoire qui ne peut être pensée de façon manichéenne.

Aldo Raine (à droite) et le Sergent Donny Donowitz surnommé « L’Ours Juif » (à gauche) en train de scalper un nazi.

Néanmoins, les « Basterds », à l’image de Tarantino, ne laissent pas s’échapper les méchants, à savoir les nazis. Ils leur inscrivent une croix gammée sur le front à l’aide d’un couteau. Belle vengeance infligée cinématographiquement par Tarantino pour éviter à certains, comme le docteur Mengele de mourir sur la plage de Saõ Paulo, ni vu, ni connu.

Juliette Magne

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