(Alice Winocour, 2015)

L’histoire de Maryland est assez simple : un militaire, traumatisé par une mission en … est chargé d’assurer la sécurité de la femme d’un riche homme d’affaires libanais, le tout sur une bande son signée Gesaffelstein. Le film était vendu comme un thriller psychologique, ultra moderne et traversé de moments de violence intense.

Le film suit donc tranquillement son histoire au début, mais très vite, l’ennui commence à pointer le bout de son nez.

Les enjeux du film ne permettent pas au spectateur de s’impliquer complètement. Entre une intrigue politique fumeuse et inintéressante, et une histoire d’amour inexistante, ce qui peut arriver aux personnages ne nous importent finalement assez peu. Ce qui donne au film un aspect vain. Aspect qui se retrouve aussi dans la mise en scène. Si le film réserve quelques beaux plans, ceux ci ne présentent pas de réel intérêt, comme si la réalisatrice s’était juste dit « ah je vais un plan comme ça, ça va être trop stylé » et ça tombe comme ça, un ralenti, un angle particulier, sorti de nulle part. Mais certaines idées sont tout de même plutôt bien pensées, comme les plans de caméra, faisant penser aux angles utilisés dans la franchise de jeux Resident Evil, qui renforce la peur que ressent Vincent, le personnage principal.

Venons en à la bande son, un des arguments principaux du film pour se vendre. On retrouve très bien la style très froid de notre ami Gesa, donc si on aime, on est bien servi. En effet les compositions sont très réussies et parviennent à bien retranscrire le malaise et la paranoïa de Vincent. Malheureusement à d’autres moments, les musiques sont mal utilisées. La réalisatrice donne l’impression d’avoir pioché un peu au hasard dans les compositions du DJ. Et c’est vraiment dommage, car le film parvient tout de même parfois à montrer que la techno de Gesaffelstein est très cinématographique (superbe scène d’introduction). Une petite déception aussi de ce côté là donc.

Un film ennuyeux et décevant, qui possédait quelques cartes pour devenir un thriller de qualité mais qui n’a pas su les utiliser. On ressort de la salle avec l’impression de n’avoir assister à pas grand chose, si ce n’est rien. Reste l’interprétation de Matthias Schoenaerts, sorte de colosse occupant l’écran de sa force brute.

Jean-Michel FEUTRY

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