(Vianey Lebasque, 2013)

Note : 7/10
JB, jeune prodige de 16 ans, est le dernier à intégrer le centre de formation où évoluent les plus grands espoirs du ballon rond. Entre l’amitié, la compétition, les rivalités et son attirance pour Lila, une jeune fille passionnée de street art, JB va devoir se battre malgré le lourd secret qui pourrait l’empêcher d’atteindre son rêve.
Voilà un film qui a de quoi vous réconcilier avec le football.
Certes le scénario n’est pas d’une originalité transcendante : un lourd secret, l’envie de réussir, une intégration difficile au sein de l’équipe. De cela aurait pu ressortir un film banal, évident, et sombrant grossièrement dans un pathos fatal. Les films sur le sport ont cette fâcheuse habitude de faire de la passion sportive le seul exutoire et échappatoire pour sortir d’un milieu social souvent précaire. Comme si la réussite sportive ne puisait sa force et son origine que dans la volonté de transcender sa situation précaire, voire misérable. Citons ici des films comme GOAL ou STREET DANCER en tête.
Si Les Petits Princes ne déroge aucunement à la règle, il a au moins le mérite de ne pas en faire son sujet central, misant beaucoup plus sur l’intégration ou la création difficile d’un esprit d’équipe. C’est aussi un regard sur la diversité ethnique qui compose les équipes jeunes. N’oubliant nullement de traiter en dehors des terrains les tiraillements et les hésitations de l’adolescence, et l’amour en toile de fond évidemment.
Malin et soigné, Les Petits Princes puisent également sa force dans la mise en scène, pas grandiose certes, mais astucieuse. Les scènes de foot, peu nombreuses, sont réussies car ponctuées de ralenti superbe. La musique est également très bien choisie. Ajoutons à cela une romance assez bien foutue et le résultat est une bonne surprise.
Un mot sur le casting, surprenant mais finalement pertinent. L’acteur principal s’en sort très bien et même l’ensemble des joueurs de l’équipe. Plus personnellement c’est un plaisir de retrouver Reda Kateb, (aperçu notamment dans MAFIOSA) excellent.
Un film honnête et auquel on adhère très vite. Un film sur la construction de soi, et plus encore sur les mécanismes des centres de formations, avec la rivalité, la solidarité et les enjeux qu’ils sous-entendent. Bref une réussite qui évite de nombreuses facilités, le démarquant des films abordant la même thématique dont les ficelles sont toujours les mêmes.

S. GAUBERT

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