(Clint Eastwood, 2006)

Banzai! /5

 

 

 
Le monde du cinéma ne manque pas de films de guerre, principalement couvrant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

Pourquoi s’attarder sur ce film, plutôt qu’un autre ?

 

 

La raison est simple et se tient en un mot : réalisme. La force du film réside dans son traitement froid de la guerre, où l’atrocité domine l’espoir, où la peur et le fanatisme guident les hommes. Le choix du camp est singulier, surtout dans le cadre d’une hyper production hollywoodienne, ici pas de Soldat Ryan héroïque portant fièrement les couleurs des Etats-Unis, courant entre les balles sur des violons grandiloquents, loin de là.

 

 

En suivant la descente en enfer du jeune soldat Saito (Kazunari Ninomiya) et du général Tadamichi Kuribayashi (Ken Watanabe), le film nous propose une nouvelle vision de la guerre. Les soldats japonais dépeints tant de fois comme des montres de cruauté sont ici présentés comme de simples hommes, souvent forcés à combattre pour leur famille et leur empereur. La guerre est ici une palette de couleurs grisâtres, ternes, crépusculaires, permettant à Eastwood de nous conter une épopée héroïque émotionnelle profondément humaine.

 

 

Cette œuvre humaniste se distingue également par sa violence viscérale, un choix rendant hommage à la détermination quasi surréaliste des soldats du pays du soleil levant. Un aspect sublimé par Ken Watanabe, ici au sommet, dans ce qui est sans doute son plus grand rôle. En aucun cas ce film américain ne souille la culture japonaise ou ne la parodie.

 

 

Le succès indiscutable du film s’est traduit par l’Oscar du meilleur montage sonore, accompagné de trois nominations en tant que meilleur film, meilleur réalisateur et du meilleur scénario original. Au moment où les scénarios complexes pullulent, l’œuvre d’Eastwood arrive avec une sobriété surprenante.

 

 

Au final, au-delà de vous conseiller vivement Les Lettres d’Iwo Jima, je vous recommande le diptyque de cette bataille légendaire, que vous pourrez découvrir sous le point de vue américain avec La Mémoire de nos Pères.

Victorien PANISSIÉ

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