(Angelina Jolie, 2014)

  Pour son deuxième film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie bénéficiait de tous les éléments pour faire des miracles. On ne sait presque pas par où commencer tant ce film est riche et intense. Tout d’abord, un scénario des frères Joel et Ethan Coen fondé sur le livre biographique de la vie de Louis Zamperini, homme d’exception. La matière, l’histoire est en soi suffisante. La vie de l’athlète olympique Louis Zamperini (1917–2014) est si singulière qu’on n’a du mal à y croire. Pourtant tout est vrai, jusqu’aux péripéties dans l’océan. En 1942, durant la Seconde Guerre mondiale, Louis Zamperini fait partie d’un  équipage de l’armée américaine quand leur avion s’écrase en mer. Huit membres de l’équipage meurent et seulement trois, dont l’athlète olympique américain, survivent durant 47 jours. Ils sont ensuite capturés par la marine japonaise. C’est un résumé grotesque mais suffisant pour cerner le personnage méconnu.

 

Entre guerre et drame, ce biopic est un hommage à « l’héroïsme, l’humanité, la foi et le courage » comme le dit A. Jolie. Alors pourquoi Angelina ? Cette dernière avait déjà rencontré Louis Zamperini et fut sa voisine. Il lui faisait confiance et la laissa retranscrire sa vie à l’écran. Zamperini est mort en juillet 2014 après avoir visionné les premières images du film. Le titre prend alors un tournant un peu plus profond : Unbroken , insoumis, intact, révolté.

Voilà pour ce qui est du contexte. Venons-en aux deux heures de films elles-mêmes. On découvre durant la première partie du film, l’acteur Jack O’Connell, connu pour son rôle de tête brûlée dans la série Skins. Il est jeune, vif et son accent britannique a son petit effet. Très stylisée, sans bavure, la première partie du film pose le décor en toute légèreté.

Puis le spectateur retourne au temps de l’action (la guerre) et ne voit le passé de Louis que par flashbacks. Montage plutôt réussi puisqu’on s’imagine mal visionner la vie de Louis de façon purement chronologique. Or les choses se dégradent rapidement, le spectateur le sent par l’accélération du rythme du film et la montée lente de la violence comme leitmotiv. Le film est violent, par ces scènes, ses dialogues ou tout simplement parce qu’il s’agit d’une histoire vraie. On est pris aux tripes. L’apothéose se trouve à un peu plus de la moitié du film lorsque tout d’un coup on se demande si le personnage principal a changé. Jack est méconnaissable, follement amaigri, métamorphosé. Celui-ci fut récompensé en tant que meilleur espoir mais sa performance dans ce film vaut bien plus. Pour l’accompagner à l’écran, Garett Hedlung en caporal déchu et Miyavi, personnage mystérieux de bourreau (Watanabe).

Ce que l’on peut reprocher au film est une utilisation douteuse de son énorme budget, notamment dans des effets spéciaux peu convaincants et décrédibilisant quelques scènes. Heureusement cela n’est qu’un cas isolé qui se fait vite oublié par le reste.

Finalement, Alexandre Desplat nous offre une bande originale digne d’un film de cette ampleur et accompagne parfaitement l’atmosphère intimiste. C’est d’ailleurs à la toute fin du film que l’on réalise l’intensité de celui-ci, de ce combat. On se sent vidé mais aussi émerveillé de savoir que de telles personnes existent dans le monde. Les images et commentaires finaux révèlent une réalité encore plus belle, non inclue dans le film mais dont la suggestion ne fait qu’attiser le mythe.

Un film à voir, pour la performance d’O’Connell, pour la vie de Zamperini, pour garder foi en l’humanité.

Chloé LEFUR-DUROUX

Vous pouvez également aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *