(David Fincher, 2014)

 Note : 6/10

 

 

David Fincher est un grand du cinéma mais surtout un maître des thrillers. On a adoré Seven, The Game, Fight Club qui sont aussi addictifs que renversants. Cependant, les plus récents Zodiac, L’étrange histoire de Benjamin Button et Millenium montrent un tournant dans ses méthodes et Gone Girl en est l’apothéose : trop propre, trop soigné.

 

Par la publicité faite autour du film, on s’attendait au meilleur thriller des 5 dernières années. Le bilan est nettement mitigé. Comme souvent chez Fincher, il est difficile de parler du film sans en dévoiler trop ; c’est d’ailleurs pour cela que j’ai pris 3 semaines de recul depuis mon visionnement.

 

Tout d’abord, un bref résumé : C’est le jour de son cinquième anniversaire de mariage que Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme.

 

Ben Affleck et Rosamund Pike forment un couple crédible et ne font qu’un avec leur personnage ce qui en est presque dérangeant pour R. Pike qui tient le rôle d’une femme mystérieuse dont le doux visage restera dans l’esprit des spectateurs même après la fin du film. B. Affleck s’impose et nous transporte dans ce rôle qui nous rappelle les interprétations de Jack Gyllenhaal alors que l’on ne lui connait pas ce talent. Pour ce qui est de la performance des acteurs c’est donc un 10/10 mais c’est bien l’unique réelle satisfaction que nous procure ce film.

 

La principale critique est le bipartisme du scénario- machiavélique-  : une première partie prenante et très appliquée mais une seconde qui semble débuter une toute autre histoire. Le fil rouge est indistinct et certaines scènes trop longues ou inutiles. Il y a du suspens certes, des moments de tensions et quelques plans vraiment intéressants mais les rebondissements sont assez fades et l’on s’imagine que le livre (duquel le film est adapté) doit être de meilleure qualité.

 

Le problème aussi, c’est la fin. Et forcément c’est la dernière impression qui reste. Sans rien révéler, on quitte la salle en riant nerveusement (histoire vraie au Gaumontparnasse). On ne comprend pas cette fin qui ne semble porter aucun message, aucune morale. Elle dérange. Ce qui est encore plus troublant car Fincher est un spécialiste des « fins » et celle-ci ne nous laisse que désorientés.

 

En conclusion, une petite déception vu le potentiel du film et les précédents de Fincher.

Chloé LEFUR-DUROUX

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