(Sam Taylor-Johnson, 2015)

Sorti pour la Saint Valentin, 50 Shades of Grey est un gros coup marketing et on n’entend parler que de ça depuis des semaines voire des mois. Le film est une adaptation du premier tome de cette trilogie d’ E.L James qui était, à la base, une fanfiction de Twilight. Les livres avaient été un phénomène mondial à leur sortie par leur aspect nouveau dans le genre romance érotique. En effet, l’histoire raconte la rencontre entre Christian, jeune PDG milliardaire, et Ana, étudiante. Leur relation ne va cependant pas se dérouler comme une relation amoureuse avec des fleurs et des petits cœurs. Pour cette adaptation, on trouve la réalisatrice Sam Taylor-Johnson (Nowhere Boy).

 

Tout d’abord, je parle en connaissance de cause ayant lu les 3 tomes. Je ne découvre donc pas l’histoire, ce qui n’est pas négligeable pour faire une critique. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’appréhension que j’attendais ce film, qui me paraissait infaisable. Comment des Américains pouvaient, avec tous leurs codes, retranscrire à l’écran un tel premier tome ? Je m’imaginais des dialogues mielleux, une histoire très romancée et surtout- et c’est quand même le cœur du livre-des scènes de sexe plus suggérées qu’autre chose. Toutes mes suppositions n’étaient pas fausses. En effet, pour un public mineur  (le film n’est interdit qu’au moins de 12 ans !) ce doit être un film divertissant qu’ils n’assument pas  regardé mais dont ils se vantent d’avoir vu. Ce qui est d’ailleurs assez malsain. Pour un public plus mûr, n’ayant pas lu les livres, c’est un film d’un genre un peu nouveau « erotico-romantique ». Pour ceux, dont je fais partie, qui ont lu les livres c’est évidemment une déception. Ne vous attendez pas à retrouver les scènes marquantes du livre, elles n’y sont pas. La trame est respectée bien sûr, bien qu’un peu plus romancée.

 

Pour faire court, ceux qui n’ont pas lu les livres peuvent apprécier le film puisqu’ils n’ont pas d’attentes spécifiques.

 

En ce qui concerne les acteurs, Jamie Dornan a le physique de l’emploi (sans blague de mauvais goût) et scotche le regard. Son jeu, cependant, reste superficiel par rapport au Christian que l’on s’imagine en lisant les livres ou juste l’idée qu’on peut se faire d’un Dominant.  Dakota Johnson, inconnue au bataillon, est plus respectueuse de l’Ana du livre. Elle semble ingénue, fragile et réussi –même dans sa niaiserie légendaire- à nous faire sourire. On peut reprocher cependant le nombre trop élevé de gros plans sur leur deux visages, qui ne fait qu’accentuer le côté très classique de leur rapport.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui font que le film n’est pas complètement raté, quand bien même les dialogues semblent ridicules on arrive à en rire gentiment. De plus, la bande son est vraiment enivrante et on s’y croirait presque (Beyoncé, Ellie Goulding, The Weekend…) !  Et il est vrai qu’hormis le caractère ‘soft’ des scènes de sexe, le film respecte l’histoire et s’arrête là où il faut, juste à temps pour donner envie de connaitre la suite.

 

Malheureusement ces quelques points positifs ne rattrapent pas la lenteur et les dialogues plats du film (je n’ose pas imaginer la version française). On en conclut que cette adaptation est un échec, que le film aurait dû sortir en tant que divertissement romantique sans lien avec les livres pour ne pas décevoir les fans de ces derniers.

Chloé LEFUR-DUROUX

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