(Costa-Gavras, 1969)

« Vous ne pouvez changer la vision politique des gens avec un film, mais vous pouvez au moins engendrer une discussion politique. »

Cette phrase de Costa Gavras résume à elle seule la vision d’un réalisateur engagé qui a toujours en ces œuvres un moyen d’exprimer ses idées. Z, l’un de ses premiers films, sorti en 1969, ne déroge pas à la règle. Servi par un casting qu’il n’est vraiment pas nécessaire de présenter (Jean-Louis Trintignant, Yves Montand), le film nous présente un pays du bassin méditerranéen, qui n’est autre que la Grèce, bien que jamais clairement mentionnée en tant que telle, régi par un gouvernement de droite à l’apparence démocratique. Le leader du parti d’opposition est assassiné au cours d’une manifestation et le gouvernement tente de maquiller cet incident en accident.

Comme toujours, Costa Gavras dénonce le pouvoir et les totalitarismes et il ne s’en cache pas. En 1963 à Thessalonique, des membres de la police et de la gendarmerie orchestre l’assassinat du député Grigoris Lambrakis et tente de maquiller les évènements, là encore, en accident. Costa Gavras précise même au début du film que « Toute ressemblance avec des événements réels, des personnes mortes ou vivantes n’est pas le fait du hasard. Elle est volontaire. » Avec ce film, le réalisateur franco grec veut marquer les esprits et il y arrive parfaitement. En choisissant de faire un polar, il conquiert un public plus large qui comprend parfaitement le message qu’il veut faire passer. Le film sera d’ailleurs à l’époque un succès critique et populaire, avec deux oscars et deux prix à Cannes.

Avec Z, Costa Gavras frappe, pour la première fois, un grand coup et marque le début du film politique en France. Un classique.

Alexandre FOURNET

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