Depuis quelques années, un nouveau phénomène apparaît et se fait de plus en plus de place dans la réalisation audio-visuelle : les web-séries.

Posons les bases : qu’appelle-t-on web-série ?

On peut dire que c’est une réalisation audiovisuelle constituée de plusieurs épisodes, en général assez courts, destinée à être diffusée presque exclusivement sur le web. Les web-séries naissent à la fin des années 90, et forment alors un milieu très fermé. D’abord diffusées dans des conventions, on les trouve désormais (presque) uniquement sur internet. Cette branche à longtemps été considérée comme la cousine un peu attardée de la grande famille du 7e art : réalisation à très bas budget avec forte utilisation des hors-champs et très peu d’effets spéciaux, casting inconnu et parfois mauvais, sons et images de mauvaise qualité… Elles font un peu bâtardes, entre les séries et les court-métrages (très peu d’épisodes excèdent les 15 minutes).
Et pourtant ces productions, au début un peu foireuses, sont très attachantes, presque plus que les énormes séries américaines (dans ta face GOT !). Mais pourquoi ?

Les web-séries sont avant tout l’image de l’évolution de notre société. Elles peuvent être créées par n’importe qui, diffusées n’importe où (même si on en retrouve le plus sur Youtube et Dailymotion), et visionnées par n’importe qui. C’est la définition même de l’accessibilité : elles sont le symbole de l’évolution et de la souplesse du 7e Art, grâce à l’appréhension de ce “nouveau” média qu’est internet. C’est un tout nouveau mode de production : en effet, dans les médias “classiques” (cinéma, télé, radio) il y a un présentateur / réalisateur et en face de lui un public attentif. Sur internet, c’est bien différent : tout le monde peut créer, donner son avis et regarder ce que font les autres.

Ce nouveau mode de production permet une multiplication des genres de séries. Par exemple, dans Les Aventuriers de 8h22, Gilles ne veut rien faire de sa vie et gagner de l’argent. Il trouve le job de ses rêves : 1500€ par jour, en échange d’un travail de 8h22 à 8h23. Mais il y a un mais… Il n’y a pas vraiment de genre pour classer Les Aventuriers de 8h22, c’est une idée presque trop simple à la base.

Cependant une idée toute simple est très facilement adaptable en plusieurs épisodes de moins de 10 min. Le format de la web-série est donc le plus propice pour laisser libre cours à sa créativité.

Outre la multiplicité des genres, la durée des épisodes rend le modèle très pratique : difficile de regarder un épisode de Orange Is The New Black quand on a qu’un quart d’heure à tuer, ce qui nous laisse parfaitement le temps de regarder deux ou trois épisodes du Visiteur du Futur.

La France est le plus grand producteur de web-séries. Enfin un domaine où on marche super bien ! Et en plus d’être en grand nombre, les web-séries françaises sont considérées comme les meilleures !

La première web-série française est Potes 7, sortie en 2003. Mais ce n’est qu’en 2008 que les web-séries françaises ont réellement décollée, notamment avec Noob et Le Visiteur du Futur, qui sont encore à mes yeux les meilleures web-séries françaises. Ces deux web-séries montrent visiblement l’évolution du format : les premiers épisodes du Visiteur du Futur ne durent pas plus de 3 minutes et sont très cheap, tandis que les derniers se rapprochent d’une production à plus gros budget, pour des épisodes d’une quinzaine de minutes !

De nos jours, les web-séries les plus connues en France sont les web-séries réalisées par les Frenchnerd (Raphaël Descraques, François Descraques, Florent Bernard, Vincent Tirel, Julien Josselin), avec les excellentes Le Visiteur du Futur, J’ai Jamais su dire Non, La Théorie des Balls. Ils ont plus dernièrement sortie un web-movie, mais on y reviendra.

On peut citer d’autres webséries françaises notables Noob, Flander’s Company, Les Opérateurs, Kontainer Kats, Hello Geekette, SDI – Stagiaire à Durée Indéterminée… Il en existe des millions toutes dans des styles différents.

Les web-séries internationales ne sont pas en reste non plus ! Juste derrière la France vient le Canada, notamment avec Projet M, comme deuxième pays producteur, les Etats-Unis ne sont que 4e avec The Pantsless Detective et Dog Bytes.
On peut aussi parler des séries orientales, notamment avec la libanaise Censuré ! Cette année l’hémisphère Sud nous offre trois nouvelles séries : la néozélandaise The Adventures of Suzy Boon, l’australienne Plonk et la sud-africaine Suzelle DIY.

La première grosse répercussion des web-séries sur le monde se passe en 2007 : une chaîne télé a racheté la série Sanctuary. Cela constitue une certaine révolution dans le monde des web-séries !

Les webséries ont de plus en plus de répercussions: on en trouve de plus en plus sur Youtube ou Dailymotion qui sont leur premier vecteur, certaines chaînes, comme par exemple Le Dernier Monde sur Youtube, sont spécialisées dans leur production. Il est même parfois difficile de faire la différence entre des Youtubeurs “classiques” (analyse, science, beauté, podcasteurs…) et les web-séries. De plus en plus d’épisodes sont liés, comme ceux de SLG ou de JDG, les introductions de WTC sont maintenant presque des courts-métrages. Les mondes de Youtubes et des web-séries se fécondent mutuellement.

De nos jours même plusieurs festivals ont été dédiés à ces petites merveilles de l’internet. En France nous n’en avons qu’un seul qui leur est spécialement réservés (donc on ne compte pas la Video City, et toute autre chose lui ressemblant), nous avons le Marseille Web Fest, qui fait partis d’un groupement de festivals internationaux. C’est ce même groupement qui a propulsé la France au rang n°1 des web-séries. Alors qu’on a qu’un seul festival célébrant les web-séries. Et ouais on pèèèèse.

Enfin de nombreux sites web ou blog, tenus par de vrais férus de ces mini séries. C’est sur ces sites qu’on se fournit, on y trouve de la bonne cam. Prenez le temps d’y faire un tour :

  • Le blog spécialisé, tenu par un ancien photographe, totalement passionné. Au moins un article par jour, pleins d’articles sur pour expliquer le phénomène, partager ses nouvelles trouvailles ou encore pour décrypter les awards. En somme un site de La Septième Critique pour spécialisé dans les webséries : http://webseriesmag.blogs.liberation.fr

  • Notre petit chouchou où quasiment toutes les web-séries françaises sont trouvables (on peut noter qu’il en manque quelques unes, mais qui sont de toute façon difficile à trouver aujourd’hui, comme Pote 7) : http://www.serieweb.com

    On a aussi trouvé celui là, avec des séries peut être un peu plus underground, on vous laisse juger : http://www.meswebseries.fr

  • Le site des web-séries internationales, où l’on trouve vraiment de tout (américaines, britanniques, libanaises, zimbabwéenne, enfin on pense, mais on a pas vraiment cherché toutes les nationalités non plus. Faut pas déconner quand même) : http://www.webserieschannel.com/web-series/

Cet article est déjà bien assez long, il me reste quelques lignes pour vous dire que le phénomène des web-séries s’est développé en même temps que celui des web-movies, des courts-métrages destinés à internet, comme Les Dissociés des Suricates ou les films de Cyprien.

On vous à donné assez de base pour connaître un peu le phénomène, une bonne liste de séries à voir, il ne reste plus qu’une chose : soyez curieux, n’hésitez pas à vous aventurer dans les méandres d’internet et à vous faire votre propre avis.

Maud LEPETIT

Vous pouvez également aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *