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(Hlynur Palmason, 2019)

Sortie assez confidentielle du début 2020, Un jour si blanc (Hvítur, hvítur dagur selon le tire originel) est un film islandais de Hlynur Pálmason présenté en 2019 à la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Le film dépeint la vie d’Ingimundur, un grand-père interprété par Ingvar E. Sigurðsson, qui tente de se remettre du décès de sa femme survenu dans un accident de voiture. Policier dans une petite ville islandaise, celui-ci va rapidement soupçonner cette dernière d’avoir eu un amant, le poussant à vouloir en savoir plus, à une quête de la vérité qui glissera petit à petit vers un désir de vengeance.

Après avoir exposé l’accident dramatique en guise d’introduction, le réalisateur nous offre un plan fixe sur une maison en rénovation voyant défiler les saisons, posant ainsi les bases de son film, bases qui peuvent sembler déroutantes et ennuyantes au premier abord. En effet, il souhaite ainsi annoncer au spectateur le tempo du début de son film :  un tempo lent où les minutes défilent doucement, comme pour souligner le deuil toujours en cours et l’incapacité d’avancer du personnage principal. Celui-ci lutte contre le temps en s’occupant des travaux de la maison de sa fille, seule façon pour lui de ne pas penser à sa femme disparue. Très rapidement, le film s’attarde sur le lien fusionnel qui lie le grand-père et sa petite fille Salka, remarquablement interprétée par Ída Mekkín Hlynsdóttir. Plutôt taciturne, voire renfermé, l’homme semble se dévoiler au contact de cette dernière, comme lors de cette scène de coucher criante d’intimité et de complicité.

Toutefois, cette douceur contraste fortement avec les sentiments enfouis de l’homme, nourrissant sa dépression par la vengeance qu’il souhaite mettre en œuvre, créant une escalade de l’action dans la deuxième partie du film.

Le long-métrage est ainsi magnifiquement servi par les décors naturels de l’Islande mis en valeur par la caméra, qui filme le plus possible la mer ou les vallées enneigées. L’eau apparaît ainsi souvent à l’image, près du commissariat de police ou de la maison actuelle de sa fille, afin de faire écho aux sentiments tumultueux d’Ingimundur, soumis aux vagues de ses émotions. De plus, le réalisateur utilise toujours un cadré épuré, souvent symétrique et fixe, afin de donner des images limpides, en privilégiant les plans américains ou plans moyens. La photographie est aussi très léchée, avec un blanc et un gris omniprésents (notamment grâce à la brume), faisant le parallèle avec la vie grisâtre du grand-père.

Ingimundur et l’homme qu’il soupçonne d’être l’amant de sa femme, filmés de côté avant le face-à-face

Bien que parsemé de scènes d’actions et marqué par une intensité dramatique haletante, le film se focalise principalement sur l’état psychologique du protagoniste principal. Souvent filmé au volant de son véhicule, l’homme semble se perdre sur les innombrables lacets de son village comme face aux sentiments qui le rongent. De plus, la caméra se positionne sur le siège passager, comme pour rappeler la présence de sa femme qu’il ne peut se résoudre à oublier. Une solitude qui peut ainsi pousser à la folie, faisant du film un bouleversant témoignage sur les égarements et la tristesse d’un homme, sans toutefois virer dans le mélodrame ennuyeux et larmoyant. Pour faire écho à cela, la musique composée par Edmund Finnis, avec son violon presque dissonant et grinçant, appuie sur la dimension parallèle interne dans laquelle se retrouve plongée le personnage, notamment avec l’angoissant « Elsewhere ».

Pour conclure, Un jour si blanc est indubitablement un des films les plus marquants de 2020. Pouvant rebuter par son rythme lent voire contemplatif, il mérite toutefois qu’on s’y attarde afin de ne pas rater cette montée en puissance émotionnelle et le jeu d’acteur si juste d’Ingvar E. Sigurðsson, incarnant avec brio, et tout en retenue, cet homme torturé.

< Film validé, avec une affiche très sobre et esthétique, parfaite synthèse des composantes du long-métrage.

Tanguy Crenn

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