Wall-E

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Andrew Stanton – 2008

Dans la famille « succès signés Pixar et Disney », je demande l’année 2008. Le 27 juin signe en effet le résultat d’une nouvelle collaboration entre deux géants de l’animation : Pixar et Disney. L’effet est au rendez-vous : un oscar du meilleur film d’animation, un golden globe à ce même titre, entre autres… Mais qu’est ce qui fait la richesse de ce film d’animation réalisé par Andrew Stanton ?

Commençons par la justesse des différentes problématiques auxquelles les humains devront faire face au fil du temps, car bien que datant de 2008 les thématiques abordées sont très actuelles. Mais revenons-en au scénario. En effet, la vie sur Terre étant devenue impossible, tous les humains se sont réfugiés dans l’espace au sein d’un vaisseau spatial leur fournissant tout ce dont ils ont besoin. Sur la Terre, il y a Wall-E, un petit robot chargé de transformer tous les détritus existants en petits cubes et de les entasser un par un. Cependant, Wall-E n’est pas vraiment comme les autres car en plus d’être doté de réels sentiments, ce qu’il montre dès les premières images du film, il est également très curieux, mais aussi très seul. Etant le dernier de ses congénères, il n’a pas grand monde avec qui parler, excepté un petit criquet. Aussi, les jours se ressemblent jusqu’au jour où il découvre, pour la première fois, cachée sous des décombres, une plante. Le lendemain, EVE, une charmante robote envoyée par les humains chargée de détecter toute forme de vie sur Terre et de la ramener dans l’espace, va bousculer la vie tranquille de Wall-E. La rencontre des deux personnages ouvrira à Wall-E d’autres horizons.

Plus nous suivons les péripéties de Wall-E, plus le film dresse le portrait d’une humanité apathique, se reposant sur les technologies et les robots en tout genre. L’humanité, en effet, doit faire face à de nombreux défis, et non des moindres : les individus ne se déplacent plus que sur leurs fauteuils, tous sont obèses, plus aucun n’exerce d’activité, physique ou professionnelle. Ce sont les robots qui sont désormais professeurs ou encore coiffeurs. Fini la diversité et les marques de différences. Tous les humains se ressemblent, font la même chose (à savoir pas grand-chose) et pas question de sortir des sentiers battus. Le conformisme ne touche pas seulement les humains parce que les robots eux aussi se doivent d’être comme les autres et ceux qui ont un problème technique finissent parqués dans un coin.

Fini également le contact humain car bien qu’étant tous réunis au sein du même environnement, leur quasi unique interlocuteur est une tablette, même pour parler au voisin d’à côté. Tous ces traits rejoignent notre actualité, marquée par le développement d’innombrables technologies qui ne nous rapprochent pas tant que ça et l’utilisation toujours croissante de machines pour remplacer ce qu’autrefois les gestes et les regards pouvaient faire.

Le film aborde aussi, et c’est essentiel, la question de la pollution. Le traitement des déchets est devenu un vrai problème, et ce n’est pas dans l’espace, tel que montré dans le film, que cela s’arrange. Les détritus stockés à bord du vaisseau sont tout simplement rejetés dans l’espace et rejoignent la masse impressionnante de satellites et objets en tout genre déjà présents. Cependant, cette dérive de la société humaine est traitée de manière très touchante et percutante, avec beaucoup d’humour. Là est tout l’intérêt du film. Ces humains incapables de marcher sur leurs deux jambes ne sont pas antipathiques pour autant et se rendent compte petit à petit de l’emprise des technologies sur leurs vies au quotidien.

Ainsi, l’avantage de ce film d’animation est donc qu’il peut être recommandé aux plus grands comme aux plus petits, avec différents niveaux de compréhension et  qu’il reste dans tous les cas un film émouvant, perlé de moments poétiques et justement récompensé.

Anna RICHARDOT