Star Wars : L’Empire Contre-Attaque

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1980 – Irvin Kershner

Star Wars : L’Empire Contre-Attaque ! Voilà un titre qui devrait éveiller une puissante nostalgie si cette saga vous a autant touché que moi ! Un titre qui d’ailleurs évoque chez beaucoup de fans de SF le meilleur film de la trilogie originale, et le meilleur de tous les Star Wars d’ailleurs. C’est d’ailleurs pour cela que celui-ci est présenté aujourd’hui et pas un autre. Mais pourquoi cet honneur ?

Bon, il s’agit tout de même de restituer brièvement l’intrigue. L’alliance rebelle bat son plein après la destruction de l’Etoile Noire, et l’Empire redouble d’efforts pour débusquer nos héros et réduire à néant l’unique menace qui pèse sur leur suprématie. Luke poursuit son apprentissage Jedi auprès de Maître Yoda. Tandis qu’Han Solo (ou Yan pour les plus fervents défenseurs de la VF classique) tombe dans un guet-apens et se fait emprisonner, Luke tente de secourir ses amis mais doit faire face à Darth Vador qui lui apprend le terrible secret sur ses origines…

Ainsi, voici un scénario rythmé qui, au contraire du premier volet, ne se concentre plus sur un objectif commun aux personnages, mais sur les personnages eux-mêmes. Une véritable ambiance de camaraderie plane sur le film ce qui renforce assurément notre attachement et notre implication lors du visionnage. D’autant plus que deux récits initiatiques se croisent : d’un côté Han Solo qui apprend l’abnégation et l’empathie, et de l’autre Luke qui cherche sa force et son identité. Cet aspect est pour moi un des facteurs de l’attachement des fans à ce film en particulier. Alors le que le premier volet posait les bases de l’univers et des personnages, ici le spectateur se lie aux personnages et à leur univers, et s’implique moralement dans leurs choix et dans leur milieu. De plus, un réel effort d’iconisation de Vador rend l’Empire particulièrement marquant pendant cet opus.

Néanmoins ce processus est commun à beaucoup de trilogies, le deuxième volet servant de transition, de préparation afin de rendre le final du troisième volet bien plus impactant. Alors comment l’Empire Contre-Attaque peut-il faire de l’ombre au climax final que devait constituer le Retour du Jedi ? D’autant plus que cinématographiquement ce dernier d’a rien à envier aux autres épisodes. Je pense que la réponse ne vient en réalité pas du film lui-même mais de ce qu’il a apporté : un univers à étendre. Non pas qu’Un Nouvel Espoir n’apportait rien dans ce domaine, mais L’Empire Contre-Attaque offre au fur et à mesure que l’on en apprend sur les personnages, des pistes, du matériel à l’imagination.

Car comme beaucoup ont tendance à l’oublier ces derniers temps, Star Wars est plus que quelques films, mais est aussi la somme de centaines de romans, bandes dessinées, jeux-vidéos et séries. L’univers a une telle importance grâce évidemment à ces films de qualité (et je maintiens la qualité même pour les derniers !), mais aussi grâce à la propension d’auteurs et de fans à s’approprier l’univers. Et ce film est pour moi un point de départ à cet engouement. Encore une fois, Un Nouvel Espoir a posé les bases de l’univers, mais c’est pour moi l’Empire Contre-Attaque qui en a ouvert les portes.

Un bref aperçu de ce qui se cache sous le masque de Vador, cette mystérieuse sphère de méditation, l’apparition de l’Empereur, mais aussi de Yoda qui affirme avoir « entraîné des Jedi pendant 800 ans », Lando qui ouvre un pan du passé de Han tout en affirmant que le Faucon lui a appartenu, et évidemment le lien qui unit Luke et Vador… En plus de nouvelles planètes très hétérogènes, de nouvelles créatures, équipements, armements, techniques, l’épisode V est un bouillon à imagination sur le passé et le futur de cette galaxie lointaine, très lointaine, et le point de départ de l’émulsion d’idées qui nous offrira la légende Star Wars telle qu’on la connait aujourd’hui.

Et j’ajouterais un dernier argument, qui ne vient pas vraiment du film mais de l’époque dans laquelle on le visionne. Les effets ont sacrément vieilli et la plupart des ficelles des SFX sont visibles mais ne dérangent pas, au contraire. Avec le jeu des acteurs et le montage du film très caractéristique des films de l’époque, voilà un film à l’énorme facteur nostalgique. Un symbole de toute une époque et de ce qui se faisait de mieux en termes de SF.

Ainsi, la position de l’Empire Contre-Attaque auprès des fans vient de beaucoup de facteurs. Le film est plaisant mais loin d’être cinématographiquement supérieur aux autres (et au risque de choquer beaucoup d’entre vous, il est même inférieur sous certains aspects à des films de la prélogie et de la postlogie). Néanmoins en plus du facteur nostalgie énorme et indéniable, il tire sa force de ce qu’il a pu créer dans l’esprit des spectateurs, c’est-à-dire l’envie d’explorer cet univers riche et son intrigue qui se révèle plus complexe qu’elle en avait l’air auparavant. Comme tous les Star Wars, chaque visionnage éveille en moi l’envie de me plonger une fois de plus dans les mystères de cet univers, et lui plus qu’un autre a suscité l’émerveillement et la créativité de tous ceux qui y ont contribué.

LEHMANN Thomas, 01/05/1998