Cars 3

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Brian Fee, 2017 

Vaut le détour (de piste).

Emue par Cars 1 et déçue par Cars 2, c’est à reculons que je regardais Cars 3. Si ce troisième long-métrage de la franchise Cars n’égale pas le premier, son charme vintage opère quand même.

Dans ce dernier opus, Flash McQueen n’est plus rapide comme l’éclair… Dépassé par un bolide nouvelle génération -Jackson Storm, le numéro 95 voit sa carrière brutalement freinée. La montée en puissance de ses voitures de course high-tech met peu à peu sur le côté l’ancienne génération. Alors que tous ses anciens camarades prennent leur retraite, Flash est bien décidé à (se) prouver qu’il en a encore sous le capot.

Pour rester dans la course, Flash tente de s’adapter aux nouvelles technologies, coaché par la vrombissante Cruz Ramirez. Le film d’animation nous propose alors une séquence initiatique dans laquelle Flash McQueen part à la recherche de son identité sur les traces de son mentor, Hudson Hornet, lui aussi victime de la concurrence à son époque. Guidé par d’anciens coureurs de piste, dont le manager d’Hudson (Smokey), Flash McQueen apprend à se connaître. Flash doit-il continuer la compétition, ou laisser sa place à d’autres ? Est-il encore légitime sur les circuits, alors que les statistiques le poussent vers la sortie ? En accompagnant ainsi Flash McQueen, Brian Fee soulève une question phare : que faire quand la vieillesse pointe le bout de son nez ?

Le film offre quelques belles scènes d’animation, dans lesquelles Pixar excelle, à l’instar d’une course boueuse avec de vieux tacots ou d’un moment suspendu dans les airs, lors de l’accident de Flash McQueen, rappelant celui de son mentor Hudson Hornet quelques décennies plus tôt.

Le film tombe toutefois dans quelques écueils : on aimerait notamment qu’il mette plus en lumière certains personnages secondaires. Il est difficile de s’attacher à Cruz Ramirez et à son histoire comme il semble compliqué de détester Jackson Storm, pourtant rival de Flash McQueen. En effet, Brian Fee s’arrête à leur carrosserie reluisante et leur assigne des étiquettes. D’un côté, Cruz Ramirez est l’archétype du personnage féminin à qui l’on a brisé les rêves… parce qu’elle était une femme. De l’autre, Jackson Storm est odieux, mais par rapport à un Chick Hicks (rival de course dans Cars 1), ce rookie supersonique manque cruellement de personnalité. De même, les personnages sympathiques de Radiator Springs (cf Cars 1) auxquels l’on s’était attachés sont un peu mis de côté par la réalisation.

Finalement, si le film pêche parfois par stéréotypes, Cars 3 parvient néanmoins à offrir une séance de cinéma sympathique.

Valentine LIMOGES