The Gentlemen

Posted by in Films

Guy Ritchie – 2019

Voilà un film qui m’a vite fait envie : des truands au sens de l’honneur et à la classe indiscutable au cœur d’une guerre de territoire, dire que c’est ma cam’, c’est peu dire. D’autant plus que le casting vendait du rêve, Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam, Colin Farrell pour ne citer qu’eux, pour moi les étoiles étaient alignées pour que Mr Ritchie nous sorte une pellicule de qualité. Voyons donc ce qu’il en est.

Voilà donc le nouveau Guy Ritchie, et pour ceux qui ne connaitraient pas le gentilhomme, c’est lui qui a réalisé les deux excellents Sherlock Holmes avec Downey Jr. et Snatch avec les beaux Brad et Jason pour ses films les plus connus ; mais aussi le remake (plutôt décevant) d’Alladin. On lui reconnait une patte très particulière, notamment dans sa manière de rendre très violents des plans à grands coups de courte focale, de cuts et de mouvements nerveux, mais aussi un sens de la composition et de la lumière qui ne laisse pas indifférent. Et quoi de mieux pour dévoiler de nouveau ces traits que dans un film de gangster ?

The Gentlemen se déroule de nos jours, au Royaume Uni, et met en scène l’embourgeoisé baron de la drogue Mickey Pearson, sur le point de prendre une retraite bien méritée, remise en question par des évènements quelque peu…fâcheux. Là où tout ça devient intéressant, c’est que l’intrigue est présentée par Fletcher, un privé peu scrupuleux qui, suite à son enquête sur le gangster, souhaite le faire chanter. Il vient donc exposer ses vastes connaissances du sujet (et ses moyens de pression par la même occasion) à Ray, un amateur de whiskey hors de prix et accessoirement fidèle bras droit de Mickey. Cela peut paraître anodin, mais ce parti pris est très ludique, car il amène les protagonistes à jouer et à discuter avec l’intrigue et avec les faits ce qui nous rend finalement acteur du scénario en laissant planer un doute sur le récit. Mais surtout, cela permet aussi au film de parler cinéma : les protagonistes sont adeptes de bons métrages. Et surtout, Fletcher réfléchit son récit comme du cinéma, donc distord la « réalité » pour rendre les scènes plus cinématographiques et plaisantes pour le spectateur, et face aux objections de Ray, un dialogue se crée entre l’univers du film, le film, et ses protagonistes. Je ne vais pas vous mentir c’est grisant. Au delà de la manière avec laquelle elle est amenée, l’intrigue bien que pas révolutionnaire est très plaisante, et à mon sens d’autant plus prenante grâce à des personnages très charismatiques et attachants, avec une mention spéciale pour des personnages comme le Coach, qui pourraient justifier une myriade de films personels. Et surtout, Guy Ritchie démontre une fois de plus qu’il est un maître de la photographie, du montage et de la direction d’acteurs. En gardant sa patte particulière (bien que moins visible que pour les Sherlock Holmes notamment) chaque plan ou presque a stimulé ma curiosité, mon enthousiasme ou mon attachement aux personnages en les rendant drôles ou iconiques en une fraction de seconde. Et quoi qu’on pense de l’iconisation des hors-la-loi, une forme de noblesse dans le crime permet l’implication du public dans le combat des protagonistes. Et bien que la présentation des antagonistes de la pègre chinoise soit plutôt monolithique, une vraie profondeur dans les personnages plus ambigus comme Fletcher ou le Coach, mais aussi une adresse d’écriture pour les hommes (et femme) de Mickey sert d’autant plus la construction de relations vraiment riches.

En bref, je pense que c’est clair, même en prenant en compte mes hautes attentes préalables, j’ai été conquis. Même très agréablement surpris, et cette ambiance de gangster old school dans un monde moderne m’a scotché à l’écran du début à la fin à tel point que j’en voulais plus. Alors sortez votre trench, votre plus beau trois pièces, servez vous un bourbon et foncez donc !

LEHMANN Thomas 24/02/2020