Lion

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(Garth Davis, 2016)

 

Notre identité est avant tout ce qui nous caractérise, ce qui nous définit. Répondre à la question « qui suis-je ? », c’est également résoudre la question « où vais-je ? ». Cependant, lorsque nos racines ne sont pas connues, c’est notre destin qui devient incertain. En effet, comment avancer si je ne sais pas au préalable d’où je pars ?

C’est sur cette question existentielle que repose la trame du film Lion. Tout au long de ce long métrage, nous suivons la vie de Saroo, en quête de réponses au sujet de son enfance.

Dès le début du film, la musique – du piano – et les différents zooms sur les falaises et montagnes indiennes nous plongent rapidement dans l’univers de Saroo, alors enfant. Issu d’une famille très pauvre d’Inde, et plus précisément du quartier de Ganesh Talai à Khandwa, Saroo est volontaire mais têtu. Suite à une mésaventure, il se retrouve seul, perdu, dans l’immense ville de Calcutta. Agé de seulement 5 ans et désormais livré à lui-même, Saroo affronte de multiples dangers, comme celui de manquer d’être attrapé dans un réseau mafieux.

La petite bouille de Saroo, incarné à merveille par Sunny Pawar, devient rapidement très attachante et le spectateur se met rapidement dans la peau de ce pauvre enfant qui ne peut compter que sur son instinct pour survivre.
Bien qu’étant toujours dans le même pays, Saroo parle l’hindi, or à Calcutta, c’est le bengali qui est parlé. Lion rend véritablement compte de l’immensité et de la diversité de l’Inde !
Inquiet pour Saroo, le spectateur est enfin soulagé lorsque ce dernier est recueilli par un orphelinat puis finalement adopté par un couple australien. Les expressions et le jeu de Nicole Kidman – incarnant la mère adoptive de Saroo – transcrivent parfaitement les différents sentiments que peuvent éprouver les parents adoptifs : de dures épreuves comme des moments de joie intense.
Contrairement à son autre frère adoptif, Saroo s’intègre parfaitement à sa nouvelle vie occidentale. Il est la fierté de ses parents adoptifs. Nicole Kidman, dans un émouvant moment de confession le lui avoue.
Toutefois, une tâche d’ombre vient obscurcir la vie adulte de Saroo, a priori épanoui : la méconnaissance de ses racines. En effet, Saroo sait qu’il a été adopté et à de nombreuses reprises, il est tourmenté par le souvenir de sa famille biologique qu’il ne se remémore que par brides.
Incontestablement, le spectateur perçoit le malaise dans lequel se trouve Saroo : bien que parfaitement intégré à la société australienne et bien entouré, il n’est pas heureux car il est conscient qu’une pièce manque au puzzle : sa famille indienne.

Finalement, si le dénouement est l’un des moments les plus émouvants du film (oui, oui, sortez vos mouchoirs !), de nombreuses scènes suscitent l’amusement et l’empathie.
Tout au long du film, l’éclairage des scènes suit parfaitement les aventures de Saroo, passant de luminosités sombres, lors des flashbacks en Inde, à des scènes plus lumineuses, notamment lorsque l’action a lieu en Australie.

Plus que la simple adaptation cinématographique d’une histoire vraie, ce film permet de véritables réflexions sur la complicité au sein de la famille, sur la quête identitaire et sur la diversité des cultures qu’abrite le monde.
Il ne tient qu’à vous de vous plonger dans cette émouvante histoire, riche en émotions et en leçons de vie…

 

                                                                                                                           Sarah LAUNAY