Preacher

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(Seth Rogen et Evan Goldberg, 2016-2019)

 

 

Preacher est une de ces séries qui réussissent à partir dans le loufoque le plus total tout en se prenant au sérieux. Dit comme ça, certes, ça ne fait pas vraiment sens. Mais cette adaptation du comics de Garth Ennis se nourrit de rebondissements tous plus farfelus les uns que les autres.

 

L’histoire commence par la présentation du révérend Jesse Custer, qui semble n’avoir de religieux que le titre, dans une petite ville des Etats-Unis. C’est alors qu’une sorte de puissance inconnue rentre dans son église sans crier garde pour le projeter contre l’autel. Cette puissance, que l’on nommera par la suite « genesis », offre à Jesse la faculté de se faire obéir au moindre ordre qu’il profère, que cela soit « ferme la porte » ou « va au diable ». Ce synopsis, déjà singulier, n’est que l’amorce d’une aventure rocambolesque à la recherche de Dieu qui s’est enfui du paradis sans laisser de trace depuis la rencontre entre Jesse et Genesis. Cette quête, accompagnée de son ex petite-amie devenue tueuse à gage Tulip et un vampire irlandais porteur de chandelle professionnel du nom de Cassidy, sera l’occasion de découvrir un univers aussi irrévérencieux que décalé.

Phobiques de l’humour noir, passez votre chemin ! Les idées sont nombreuses pour brusquer les habitudes. Ainsi ne soyez pas surpris de voir Dieu en costume BDSM, Hitler vendeur à Subway, ou encore le descendant de Jésus attardé mental (puisqu’on vous dit que la consanguinité c’est mal m’voyez) mais virtuose des claquettes. Mais comme dit précédemment, ces idées saugrenues sont prises au sérieux dans la série, parfaitement intégrées dans un scénario reprenant les idées principales de l’œuvre originale tout en y apportant sa touche personnelle. On remarque ainsi que les mini-séries présentes dans les numéros spéciaux du comics sont directement intégrées dans la série afin de créer une réelle synergie entre les personnages.

Cependant des défauts peuvent aussi être trouvés, à commencer par le trio qui devient un triangle amoureux Jesse-Tulip-Cassidy un peu lourdingue ou ce découpage des événements avec un lieu par saison qui peut être un peu pesant.

 

 

Finalement, que dire de Preacher ? Il s’agit assurément d’une série comme nulle autre. Elle s’est permise de se moquer de pas mal de sujets tabous. Dès lors, il s’agit d’une véritable bouffée d’air frais de la regarder. Dommage alors que la narration n’ait pas suivi avec l’ajout d’artifices lourdingues comme le trio amoureux. Le tout donnant une sensation permanente d’avancer puis de reculer.

 

Pierre Caris