FOCUS : Les films de Noël

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Le mois de Novembre se termine, et nous voyons déjà partout les premiers films de Noël qui commencent à faire leur apparition. Est-il trop tôt ? Y a-t-il un bon moment dans l’année pour regarder des films de Noël ? Faut-il être obligatoirement sous sa couette, avec un chocolat chaud et éventuellement quelques chamallow pour les plus gourmands ? 

Il est vrai que regarder un film de Noël en été, face à la mer, sous 30°C, ce n’est pas ce que la plupart des gens s’amusent à faire. Et pourquoi pas ? La période de Noël suffit-elle pour nous autoriser à regarder de tels films ? Mais bon, telle n’est pas la question. Revenons-en à notre thème. 

Qu’est-ce qu’un film de Noël exactement ? Est-ce une catégorie de film niais – comme on l’entend souvent – où oui, la jeune fille célibataire, en partant en vacances dans le village de sa grand-mère, rencontre soudain l’homme idéal et l’épouse au bout d’une semaine (ou termine par l’embrasser sous la neige, au choix). Est-ce obligatoirement des films qui se déroulent sous la neige ? Oui car à Hawaï en décembre c’est l’été ne l’oublions pas.  Nous pointons souvent les films de Noël comme étant une catégorie à part entière. Mais n’y a-t-il pas plusieurs types de films de Noël ? Des dessins animés aux comédies romantiques, en passant par les films d’action qui se passent en décembre, essayons ensemble de découvrir ce que sont les films de Noël.

Commençons tout d’abord par distinguer plusieurs catégories. Nous sommes d’accord pour dire qu’il y a les films de Noël romantiques, qui nous expliquent que la magie de Noël est bien réelle, qui nous font pleurer à la fin, et qui nous font nous dire qu’un jour nous aussi on y aura droit (au grand amour, blablabla…). Il y a également les films culte sortis à Noël. Je pense notamment à Maman, j’ai raté l’avion, sorti le 10 décembre 1990, L’incroyable Noël de Mr Jack, sorti le 7 décembre 1994, ou encore Le Pôle express, sorti le 1er décembre 2004. Ce sont incontestablement des films de Noël. Regardons cela plus en détail.

Catégorie 1 : Les comédies romantiques.

En effet, c’est bien un type de film à part entière. Et non, ce ne sont pas de « simples comédies romantiques ». Pourquoi me demanderez-vous ? Parce que vous ressentez, à chaque fin de film, cette magie de Noël qui vous donne envie de descendre dans la rue et de croquer la vie comme si c’était du pain d’épices. C’est le film qui vous donne envie de croire à vos rêves les plus fous, puis vous redescendez au bout de quelques secondes en vous rappelant qu’il faut faire la vaisselle… Mais analysons ces comédies pour comprendre ce qui en fait vraiment quelque chose de magique.

Tout d’abord, les personnages. Dans toutes les comédies de Noël, il y a toujours, ne nous leurrons pas, une jolie fille, et un homme séduisant – souvent un chien ou des animaux sont impliqués dans l’histoire aussi. La fille est la plupart du temps un bourreau de travail, qui ne prend jamais de temps pour elle et qui a perdu, depuis un événement dramatique, toute croyance en l’amour (comme par exemple dans A family for Christmas). Pour la rencontre avec le personnage de sexe masculin, cela peut varier. Soit la jeune fille part en vacances et rencontre au milieu des chèvres un beau jeune homme qui lui fait prendre conscience que la vie est magnifique. Soit elle est obligée de travailler avec quelqu’un qu’elle déteste, et se rend compte que c’est en fait l’homme de sa vie. Il y a aussi, bien souvent, une meilleure amie. Ici encore, deux possibilités s’offrent à nous : soit c’est celle de l’héroïne et c’est alors sa confidente, soit c’est celle du héros et c’est alors une source de jalousie (dans ce cas, c’est souvent l’amie d’enfance). Enfin, il y a le père Noël, qui est tout le temps incarné par le même personnage, vous savez, ce vieil homme en bas de la rue, devant qui la jeune fille passe sans arrêt et, un jour, elle met $1 dans sa cagnotte et il sonne la cloche. C’est là qu’il lui donne un conseil sur comment vivre sa vie. C’est la phrase que le personnage se répète en boucle dans le film, et enfin comprend la signification à la fin de la journée (ou du film).

Finalement, il y a le scénario, très important dans les films de Noël. En effet, il y a toujours une deadline (soit un gala de charité, soit le soir du réveillon, soit un projet à rendre) qui amène à la fin de l’histoire et à son happy end. C’est maintenant que le vieil homme du coin de la rue va donner un conseil magique pour que la fille comprenne la chance qu’elle a et ne laisse pas passer l’amour de sa vie. Puis vient le baiser devant le sapin de noël, qui s’illumine juste à ce moment-là, ou sous la branche de gui.

Catégorie 2 : les classiques.

             Oui, parce que les comédies romantiques, c’est bien beau, mais bon « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », ça devient un peu dépassé. Si vous n’aimez que les comédies romantiques, passez votre chemin chers lecteurs, car ici nous parlerons exclusivement des classiques. Personnellement, plusieurs films me viennent en tête. La course aux jouets, Le drôle de Noël de monsieur Scrooge, Le Père Noël est une ordure … Ces films nous font retomber en enfance, et, aussi délirants soient-ils, nous ne nous lassons pas de les regarder. Mais la question est pourquoi ? Pourquoi regardons-nous sans se lasser ces films qui ont pour certains plusieurs années.

    

  Tout d’abord, cela fait partie d’une tradition. En effet, les films de noël, que nous les aimions ou non, sont une tradition en cette période de fête. Que ce soit un rituel entre amis ou avec votre famille, le schéma se répète chaque année. Il y a toujours quelqu’un pour nous proposer de nous asseoir dans le canapé avec un chocolat chaud et du pop-corn. Même seul, il est toujours agréable de se refaire un classique en période de fête. De plus, toutes les chaînes de télévisions repassent ces classiques à partir du milieu du mois de novembre (un peu tôt je trouve). Quoi que l’on en dise, on est entouré, je dirais même cerné (Netflix s’y met aussi) par ces classiques de noël. Un moyen de s’en échapper ? Céder.

             La tradition étant prouvée, pourquoi est-ce que certains films de noël sont indémodables ? Après en avoir regardé plusieurs dans l’optique d’écrire ce focus, je me suis aperçue d’une ressemblance majeure : ce sont des films qui rapprochent. Alors oui, il y a situation initiale, élément perturbateur, péripéties, et situation de fin (le schéma classique en somme), mais ce sont surtout des films qui permettent de réunir toute une famille. Pour parler concrètement : si on prend Maman, j’ai raté l’avion, c’est l’histoire d’un petit garçon qui n’a pas pu partir en vacances avec sa famille et qui se retrouve seul chez lui, avant d’être réuni avec sa mère pour Noël. La course aux jouets parle d’un père qui retourne toute une ville pour trouver un cadeau à son enfant. Le drôle de Noël de Monsieur Scrooge parle de réparer les erreurs des noëls passés. Tous ces films sont dans un esprit de famille et de joie. Qu’ils soient sombres (comme Monsieur Scrooge), ou plus gais, comme Un noël de folie, on retrouve dans ces long-métrages l’esprit des fêtes de noël.

            

Catégorie 3 : les téléfilms         

 

             Pour cette troisième et dernière catégorie, j’ai trouvé important de parler (ou au moins d’évoquer brièvement), les téléfilms. Vous savez, ces films que l’on retrouve tous les après-midis sur M6 et TF1 et qui sont, soyons réalistes, très souvent romancés. Alors non, ça n’entre pas dans la catégorie des comédies romantiques, car cette catégorie est beaucoup trop précise. Non, ici, je veux parler des films à plus petit budget, qui racontent des histoires bateaux (toutes les histoires ne le sont-elles pas ?) et qui se terminent toujours de la même façon. Je trouve que ce sont ces téléfilms qui gâchent la magie de Noël. En effet, cela fini par en faire quelque chose de fade et sans saveur. Toujours la même rengaine, toujours les mêmes histoires, les mêmes éléments perturbateurs, souvent mal réalisés avec des incohérences dans les histoires. Aucune originalité. Les téléfilms sont vraiment des longs-métrages à ne regarder qu’en fond. En travaillant… ou en écrivant un focus par exemple.

Après avoir listé ce qui était pour moi les grandes catégories des films de fin d’année, je souhaite terminer en faisant un zoom sur l’industrie du cinéma et des films pendant la période de fête.

Je souhaite parler de toute l’industrie du cinéma qui monétise les films de noël. En effet, les fêtes de fin d’année sont souvent un moment important dans l’économie française (voire européenne). C’est pendant cette période que l’on s’aperçoit de la santé d’une économie : si les gens achètent, cela relance l’économie et montre que la population a acquis un minimum de pouvoir d’achat. En revanche, si les ventes sont ralenties pendant les fêtes de fin d’année, cela est souvent de mauvais augure quant à la santé d’une économie nationale. Les multinationales et grandes maisons de production (Walt Disney, Pixar, Netflix, Groupe M6) choisissent donc souvent cette période là pour sortir des films. Je me suis demandé pourquoi.

Je pense d’une part que le thème est devenu, comme j’en ai parlé plus tôt, une tradition, et que chaque producteur se doit de sortir un film en hiver qui se passe pendant les fêtes de fin d’année.  Une autre raison est la conjoncture économique : entre les vacances des enfants, les achats de noël, les sorties familiales au cinéma… tout cela fait que les gens se tiennent plus au courant de l’actualité cinématographique du moment. De plus, les jouets et gadgets en rapport avec les films au box-office au mois de décembre sont d’autant plus de ventes et permettent, en prime, une bonne communication.

Alors, même si la magie opère grâce à certains films de noël, il ne faut pas oublier que c’est tout un système économique qui repose dessus, et que la vie réelle n’est pas toujours aussi merveilleuse que celle des personnages des films de Noël.

 

Romance HALOY