Ash vs Evil Dead

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(2015-2018 / Sam Raimi)

Seulement connue des adeptes du film d’horreur, la trilogie Evil Dead est un des plus grands classiques du genre. Réalisés dans les années 80, ces films avaient lancé, avec les Vendredi 13, la mode du groupe de jeunes traqués et tués par une force démoniaque. Les Evil Dead se distinguaient pourtant des autres de l’époque en mettant en scène un méchant invisible et un héros charismatique unique à travers la saga, le bien nommé Ash Williams. Alors que la mode du genre était de mettre toute l’attention sur son antagoniste (Jason avec Vendredi 13, Michael Myers avec Halloween ou même le xénomorphe avec Alien), Evil Dead 1 avait fait le choix de mettre en avant son héros. La technique du réalisateur (le papa de la première trilogie Spiderman) était simplement de faire souffrir au maximum le héros pour le plus grand plaisir du spectateur : se prendre des hectolitres de sang dans la face, se faire envoyer dans à peu près tous les meubles destructibles du film, devoir tuer et démembrer chacun de ses amis… à un point où on adorait vraiment ce personnage pour ce qu’il endurait toujours sans le vouloir (si bien que le Times l’a élu meilleur personnage de film d’horreur devant ceux cités plus haut).

Devenus petit à petit inconnus du grand public (la mode du slasher ayant passée notamment), ces films ont pourtant gardé leur groupe d’adorateurs. A un point que le réalisateur a réussi a relancé la production d’une série qui a duré 3 saisons. Mais une question se pose, comment faire une série efficace à partir d’une trilogie vieille de 30 ans ?

 La plus grande force de la série est de savoir dépoussiérer le vieux pour en faire quelque chose d’absolument moderne, La formule d’Ash vs Evil Dead reste la même : Ash maintenant âgé d’environ 55 ans relit par mégarde un passage d’un livre qui réveille les morts. Une fois de plus il va devoir les affronter et essayer à nouveau de mettre fin à ce cauchemar. Pour vous situer le personnage je dirais qu’Ash est un peu un OSS 117 américain. Il est raciste, borné, maladroit, gagne souvent par chance mais garde un côté très humain, presque enfantin. Il est pourtant ancré d’un cadre très « pop » (à la suite du second opus il s’est tranché la main qu’il a remplacé par une tronçonneuse). Je vous laisse transposer ce personnage dans un milieu d’horreur et mazette, on a rarement vu de l’horreur comme ça.

C’était déjà une des grandes forces la trilogie originale, Sam Raimi sait mêler humour et horreur à la perfection. Préparez-vous à voir de la violence gratuite au possible à un niveau où elle en devient drôle. Entre l’équivalent des chutes du Niagara d’hémoglobine et deux fois plus de morts générés par épisode qu’au Père Lachaise, la série est très, très graphique. Pour moi c’est un plaisir pour les yeux car elle est complètement irréaliste et décérébrée mais très créative, c’est une compilation de « ouuuuh, ça a dû faire mal ». A côté la série sait se garder des moments très horrifiques et à l’inverse des très drôles, pour moi elle balance très bien entre les genres et a un côté « cool » façon années 80.

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En parallèle comme dit plus haut la série est visuellement très créative. Cela fait plaisir car je trouve que les séries sont un peu feignantes sur ce point de nos jours. De même elle réussit à avoir une histoire beaucoup plus construite que les films. C’est nécessaire je trouve dans une série car on a besoin d’une intrigue prenante pour continuer à regarder les épisodes. Encore une fois le réalisateur (qui gère aussi le script) a je trouve intelligemment fait la différence entre les enjeux d’une série et d’un film.

Je vous conseille vivement cette série qui je trouve est trop méconnue. Elle est intelligente, efficace et créative. Disponible légalement sur OCS et Netflix.

Cédric Amuat