Matthias et Maxime

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(Xavier Dolan, 2019)

Après une heure à faire la queue, plus une demi-heure à attendre dans la salle, à guetter son arrivée, voilà que le speaker l’annonce enfin. Le voilà, qui descend l’allée du cinéma pour venir se poster devant l’écran. Yasmine s’évanouit à deux reprises face à l’émotion. Cédric retient ses cris de groupie. Xavier Dolan parle enfin. Il nous remercie de notre présence à la diffusion en avant-première de son huitième film Matthias et Maxime. A seulement 30 ans, le réalisateur canadien a déjà une filmographie bien remplie. C’est avec émotion qu’il nous expose l’histoire de sa dernière oeuvre, triste que ses amis ne soit justement pas là pour présenter avec lui ce film qui, justement, parle d’amitié.

Tout part d’un baiser. Alors qu’une bande de potes part en vacances dans une belle maison canadienne, deux d’entre eux acceptent de tourner dans un court métrage où il découvre qu’ils vont devoir s’embrasser. Ce baiser va remettre en question ce qu’il pensait être et ce qu’il pensait faire. Maxime a décidé de partir en Australie, mais il doute, car tout le retient. Matthias a une position stable, une copine et un travail, mais ce baiser va être le facteur déclencheur d’une remise en question douloureuse pour lui.

Une vision d’auteur – Cédric Amuat

Le plus surprenant dans le film est la beauté qu’essaye de mettre le réalisateur dans son oeuvre. On voit une vraie passion pour son cadre, ses décors et ses personnages. La photographie est inspirée, le montage ingénieux et la bande originale colle toujours à l’émotion recherchée. Néanmoins je trouve que le film souffre de quelques longueurs malgré son rythme lent assumé, les deux heures ne passent pas vite. De même, si je comprend que le film se veut implicite sur les réelles motivations de ses personnages j’ai trouvé parfois leur écriture maladroite, je n’ai pas réussi à y croire. Le film reste pourtant globalement bien écrit, ses individus sont attachants et on ressent vraiment que Dolan a quelque chose à nous partager, sa vision d’auteur.

Un film sur l’amitié… mais pas que ! – Mathilde Maier

A force, on commence à reconnaître ses films, ses techniques de tournages et de montages. Pourtant c’est toujours avec la même excitation que l’on va voir un film de Xavier Dolan. Est-ce que la présence du réalisateur et mon obsession pour ses films faussent mon opinion ? Très probablement. Matthias et Maxime n’en reste pas moins un magnifique film sur l’amitié, l’amour, la famille… bref la vie. On en retiendra le naturel des dialogues, des émotions, des personnages. Pendant ces presque 2 heures, nous faisons partie de la bande de Matthias et Maxime et on ne voudrait jamais la quitter. On imagine parfaitement cette bande de potes dans 10 ans, toujours avec cette même complicité, toujours aussi authentiques, toujours aussi drôles.

 

Une contemplation de deux hommes souffrant d’être amoureux – Anna Sadowski

Le point fort du film Matthias et Maxime, ce sont les personnages. Pour moi ils sont tous intéressants, drôles et touchants à leur façon (et d’autant plus avec leur bel accent québécois). J’ai trouvé que le personnage de Matthias – le plus central dans le film – n’était pas vraiment sympathique mais juste, surtout dans sa manière de révéler la difficulté d’assumer ses sentiments, quels qu’ils soient. Cependant, c’est beau mais assez long et contemplatif. 

Esthétique et émouvant – Léana Paquet

Xavier Dolan revient pour un film beau autant dans la forme que dans le fond. Les plans sont esthétiques et innovants, la musique colle parfaitement à l’ambiance et est posée avec justesse sur les scènes, tantôt émouvantes tantôt joyeuses. Les dialogues sont drôles et sincères, si bien qu’on a envie de faire partis de cette bande, on finit même par en avoir l’impression. Les personnages sont très touchants et complexes, leurs réactions qui parfois semblent injustifiées sont en fait le résultat de leur cheminement de pensée réfléchi par le réalisateur. La fin est très intéressante car, comme nous l’a dit Dolan avant la séance, on peut l’interpréter comme on veut, et cette interprétation justement est le reflet de ce qu’on a compris du film et de la logique des personnages qu’on a l’impression de réellement connaître à la fin des deux heures de diffusion.