Paradise Police

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(Roger Black, Waco O’Guin, 2018)

« Comment voulez-vous que je détecte la cocaïne si je ne sais même pas l’odeur que ça a ? »

« NE BAISE PAS TA VOITURE ! »

« T’inquiètes pas Papa, Jésus il a dit que si c’est dans une Eglise la sodomie ce n’est pas pêché. »

Voici ce que vous pourrez entendre si vous décidez, comme moi il y a quelques mois, de regarder Paradise Police, ce dessin animé pour adulte que nous propose Netflix depuis août 2018. Croyez-moi, il faut voir la série pour enfin croire que quelqu’un ait pu oser imaginer un scénario aussi what the fuck que badant.

Tenons-nous-en alors à l’histoire et à la mise en scène, en essayant de proposer un synopsis personnel et simplifié (car en vrai c’est aussi compliqué que Game Of Thrones).

Le téléspectateur se retrouve dans une petite ville américaine du nom de Paradise en immersion dans un commissariat dirigé par Randall Crawford. Et pour décrire la vie de ce flic beauf, il nous suffit de reprendre une de ses répliques « Kévin, je suis divorcé, j’ai plus de burnes et je dois porter un patch de testostérone pour empêcher ma moustache de tomber ». Kévin justement, c’est son fils, celui qui est responsable de tous ses malheurs, c’est celui qui lui a tiré dans les testicules et c’est aussi celui qui est désormais flic dans le même commissariat. Père et fils sont accompagnés de personnages hauts en couleur afin de compléter la Dream Team de la police. On a Fitz, ce flic noir anciennement en poste à Chicago et qui souffre depuis son arrivée d’un stress post-traumatique l’empêchant de réaliser toute intervention, Gina, cette psychopathe nympho et cruelle dont le seul but est de torturer les citoyens de la ville. L’équipe est aussi composée de Dusty, plus obsédé par la nourriture que par les arrestations, Bastos, un chien toxicomane, Clodo-Cop, le SDF de la bande et Stanley Hopson, vieux pervers toujours là pour raconter une anecdote bien dégueulasse comme on les aime. Mais loin de chômer, nos futurs policiers préférés doivent résoudre une enquête de la plus haute importance : arrêter le trafic de Meth jacquard.

Après la sortie de Désenchantée en juillet 2018, Netflix continue de s’aventurer dans le terrain houleux du dessin animé pour adulte. Les deux producteurs de la série, Roger Black et Waco O’Guin avaient déjà fait leur réputation grâce à Brickleberry. Pour Paradise Police, vous prenez les mêmes ingrédients : des blagues trash, des critiques violentes et caricaturales de la société (mariage pour tous, politique intérieure, budget de la police…), de l’humour noir et de nombreuses références à la culture contemporaine (Stranger Things, Harry Potter, Mad Max…). En mélangeant, on retrouve un mix parfait de Brickleberry et de Big Mouth qui a su conquérir les fans d’humour sans filtre.

Mais réduire Paradise à une simple copie d’autres dessins animés pour adulte serait une insulte à ce chef d’œuvre. Certains trouveront surement ce show grotesque et vulgaire, mais oublieront probablement de déceler la part de génie qui rythme chacun des épisodes et qui nous amène à tous les regarder parce qu’au fond, on veut quand même savoir qui est le Pablo Escobar de Paradise. On finit même par apprécier ces personnages (portés par des acteurs aux voix exceptionnelles) et cette ville aux habitudes si éloignées des nôtres, on s’attache à leur stupidité. Mais surtout, on apprécie largement cet humour décalé et ces moments sans aucun sens qui sortent de nulle part mais qui nous régalent et qui rendent la série idéale à regarder en sortant de PAF, de SAT ou de l’Opco, avachis sur son canapé avec ses potes.

Bref, pour résumer, je dirai que Paradise Police c’est stupide, c’est vulgaire, mais on aime ça.

 

Et pour notre plus grand plaisir, Netflix a annoncé qu’une saison 2 est actuellement en préparation.

 

Juliette RICARD