Parasite

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(Bong Joon Ho, 2019)

 

 

Un parasite est un organisme qui vit aux dépens d’un organisme hôte. La métaphore biologique est donc idéale pour décrire l’histoire de la famille de Ki-taek (le père), Chung sook (la mère), Ki-jung (la fille) et Ki-woo (le fils), famille qui s’incruste subrepticement dans la maison et dans la vie de la riche famille Park.

Cette famille sans emploi ni diplôme habite dans un appartement misérable en entresol et vit de petits boulots, lorsqu’un jour le fils a l’occasion de travailler comme prof d’anglais de la fille de la famille Park. Son faux diplôme fait par sa sœur sur Photoshop en poche, il réalise vite comment profiter de la crédulité de madame Park. Une arnaque en amenant une autre, toute la petite famille finit par travailler au service des Park, tout en faisant semblant de ne pas se connaître. Leurs ruses leur permettent de virer tour à tour le chauffeur et la gouvernante et de s’incruster de manière profonde et malsaine dans la demeure. Mais cette douce vie de parasite ne peut pas durer éternellement.

Vous l’aurez peut-être compris, le film débute par la mise en place d’une arnaque drôle à voir. Les personnages de la famille de Ki-taek ont des dialogues pleins d’humour, chaque personnage de la famille a une répartie cinglante. La mise en parallèle avec la famille Park – un peu cul-cul avec leurs remarques toujours plus absurdes et condescendantes – crée en plus un effet de décalage très amusant. Le jeu des acteurs coréens – inconnus en France mais très talentueux – participe à l’efficacité de cet humour noir.

Cependant, le film progresse lentement mais sûrement vers le genre du thriller et de l’horreur. Le spectateur est pris petit à petit dans une tension et se demande constamment : Quand est ce que la famille Park va découvrir la supercherie ? Quand est ce que tout ça va déraper ? Mais ce moment de déclic où tout part en steak n’est pas là où l’on attend. Le scénario est juste génial pour ça. Il y a un petit côté Panic room pour ceux qui connaissent le huis clos de David Fincher, où la tension monte à l’intérieur d’une grande maison également.

 

Vous allez donc rire, avoir très peur si vous êtes comme moi plutôt sensible, et pour finir réfléchir un petit peu. En effet, le scénario repose sur les inégalités sociales criantes en Corée du Sud, les strates les plus pauvres de la société sont refoulées, tels des « parasites ». Cette famille est comme les cafards dans son logement, elle survit en profitant des autres car elle est exclue de la société, aucun membre de la famille n’arrive à trouver un travail ou payer une université honnêtement, alors qu’ils ne manquent visiblement pas de motivation. Cette première palme d’or pour un film coréen, Bong Joon Ho ne l’aura donc pas volée.

 

Anna SADOWSKI