Mange, Prie, Aime

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(Ryan Murphy, 2010)

 

Mange, Prie, Aime est un drame américain tiré du roman éponyme d’Elizabeth Gilbert, lui-même autobiographique. Il relate la vie de Liz, une écrivaine dans la trentaine qui ne se retrouve plus dans sa vie. Après un divorce puis une relation tous deux difficiles, elle prend alors la décision de tout quitter pour passer une année à l’étranger ; les quatre premiers mois en Italie, où sa principale occupation est de s’empiffrer de toutes les spécialités locales, puis quatre autres en Inde pour prier dans un ashram, et enfin les quatre derniers à Bali où elle a (logiquement, d’après le titre de l’œuvre) « aimé » …tout en continuant à prier cela va de soi.

La force du film ne réside pas en l’histoire même, on l’a bien vu, il suffit de lire le titre pour comprendre sans aucun problème de quoi l’œuvre parle. Elle réside davantage dans l’évolution du personnage d’Elizabeth. Interprétée par Julia Roberts qui est, comme à son habitude, d’une extrême justesse, Elizabeth refuse ce que le monde moderne lui impose : de se marier, faire des gosses et se poser dans sa cuisine hi-Tech qu’elle aura décoré jusqu’au dernier mètre-carré de carrelage. Elle découvre qui elle est à travers ses nombreux voyages. Elle se lie d’amitié avec des personnes différentes dans tous les pays visités, qui lui auront chacun appris quelque chose sur la vie et auront forgé son expérience.

 

Le film est certes un peu long et certains passages creux et inutiles, mais il nous fait voyager et donne envie de tout plaquer : responsabilités et stress de la vie quotidienne… et d’aller élever des lamas au Pérou. Certains points de vus sont également un peu niais : par exemple, face au mariage forcé d’une amie indienne de 17 ans, Elizabeth lui dit simplement qu’elle sent qu’elle sera heureuse et qu’elle priera pour… pas forcément la réponse qu’on attend dans une telle situation. Le film ne se concentre pas sur tous les aspects sociaux des différents pays visités par Elizabeth, mais uniquement sur elle-seule. La fin, quant à elle, est plus digne d’un Teen Movie qu’autre chose, mais reste touchante.

 

Néanmoins, malgré ces quelques points négatifs cette œuvre est à voir, par tous ceux qui peuvent avoir peur du changement, ceux qui rejettent les principes catégoriques du monde capitaliste, ceux qui veulent se découvrir : le film est un exemple vivant que l’on peut tout recommencer à zéro.

Petit conseil avant de finir : regardez cette œuvre le ventre plein, car dans le cas contraire, les quatre mois passés en Italie seront une véritable torture.

 

Beya Ben Brahim