Le Sens de la Fête

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(Eric Toledano et Olivier Nakache, 2017)

Bien que l’on n’ait plus douté du talent de Toledano et Nakache, le Sens de la fête ne fait que le confirmer.

Les réalisateurs de Nos Jours heureux, Tellement proches, Intouchables et Samba nous offrent ici une pépite du cinéma en nous plongeant pendant près de deux heures dans le monde très spécial qu’est celui de la restauration, avec ses règles et son protocole.

Depuis de nombreuses années Max est organisateur de mariages et il a pour mission de faire passer à ses clients la plus belle soirée de toute leur vie. Ainsi pendant un peu plus de 12 heures, il est en charge de l’organisation d’un mariage qui aura lieu dans un château datant du 17e siècleet qui se doit d’être « sobre, chic et élégant ». Jonglant avec problèmes de couple et désagréments professionnels : il doit gérer les disputes, les caprices de mariés et les contretemps…  Tout ça avec le sourire !

C’est un film est à la fois beau et drôle et on le classe volontiers dans la catégorie des comédies. Il a en effet toutes les qualités que l’on reconnait aux réalisateurs, avec des répliques complètement drôles, qui parleront forcément à leurs fans invétérés car on entrevoit des liens avec les films précédents. Si le film a d’ailleurs raflé les nominations aux Césars 2018, c’est aussi grâce à l’air bougon de Bacri mais également grâce à leur acteur fétiche Jean-Paul Rouve. On ne néglige évidemment pas l’importance de la nouvelle génération qui se constitue d’Eye Haïdara, William Lebghlil ou encore Alban Ivanov sans qui la diversité du casting n’aurait pas fait la réussite du film. Les acteurs trouvent une symbiose dans leurs différents back-grounds. De la Comédie Française au Stand up, ces talents sont orchestrés de manière si prodigieuse par le duo que le film atteint presque la perfection. A l’instar de leurs propres origines artistiques, ils incarnent des personnages qui dans le chaos parviennent à se recentrer. Bien que chacun soit unique en son genre : du beauf à la banlieusarde en passant par le prof de lettres dépressif, ils atteignent une parfaite symbiose à eux tous. ». On tombe amoureux de ces personnages et voudrait qu’ils soient réels car ils sont tout ce qu’il y’a de plus humain, avec leurs qualités et leurs défauts. En proie aux petites ou grosses catastrophes, ils éveillent en nous empathie ou désarroi et nous rappellent qu’en cas de crise il n’y a pas de problème que des solutions.

Bien écrit et bien joué avec bonus à la clef : une bande originale signée Avishai Cohen, jazzman contrebassiste qui suit chaque moment de la journée à un rythme envoûtant. Non vraiment, on ne s’ennuie pas pendant une seule seconde, il existe sans cesse un nouveau rebondissement qui nous fait espérer que cette nuit ne s’achève jamais. Le spectateur fait partie de cette équipe tant il se fait emporter dans cette « aventure ».  Le Sens de la Fête nous laisse avec le sourire et un sentiment de plénitude.

Verdict : à voir et revoir, sans une once d’hésitation.

Yasmine Essabaa