Cowboy Bepop

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Cowboy Bepop (1998, Shin’ichirō Watanabe)

Bien que le genre ait tendance à se démocratiser avec les années, les animés restent un format de niche réservé à un nombre limité de personnes. Lorsque l’on prend les cadors du genre (One Piece, Dragon Ball…) on peut comprendre que ces séries ultra codifiées peuvent faire peurs aux non-initiés. Gravité douteuse, capacité physique irréaliste, univers souvent très original, devoir crier le nom de son attaque pendant un combat… tant de procédés propres aux animés qui peuvent conduire à une vision biaisée de ces derniers. Néanmoins et puisque cette longue introduction n’a pas été placée là pour rien, l’œuvre qui va occuper cet article aujourd’hui sort totalement de ces stéréotypes et va chercher à proposer autre chose.

Cowboy Bepop est une série de 26 épisodes non-suivis créée et diffusée en 1998 au Japon puis diffusée dans les années 2000 partout dans le monde. Après l’éclatement de la Lune rendant la Terre invivable car soumise constamment à une chute de météorites, l’Humanité est partie coloniser les autres astres du système solaire, notamment Mars. On suit dans cet univers de science-fiction les aventures de l’équipage d’un vaisseau spatial appelé le « Bepop ». Voguant dans le système solaire en tant que chasseurs de prime, on va apprendre au travers de leurs aventures plus sur le passé de chaque personnage.

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Comme Watanabe en a le secret, Comboy Bepop est un gros mélange de plein d’influence. Visuellement il se rapproche du « soap opera » (genre qui a pour vitrine majeure 2001 l’Odyssée de l’Espace), ses personnages en parallèle sont écrits selon les codes du western. Le jazz est omniprésent, il définit l’ambiance de la série et pour finir le tout est soupoudré de perpétuelles références à la culture populaire (noms d’épisodes faisant références à des œuvres musicales, hommage à Alien…).

Si un tel mélange des genres est souvent une mauvaise idée (cc Suicide Squad) ici ça marche bien, très bien même. Néanmoins pour la suite de la critique nous allons éviter de traiter un à un chacun des points évoqués plus haut, ce serait un peu trop formel. Je vais essayer donc de retranscrire ce qui marque le plus après visionnage.

Le premier est la diversité. Comprenant seulement 26 épisodes, la série se permet de proposer beaucoup de choses différentes. Comme dit plus haut un épisode se veut comme un hommage à Alien, pendant qu’un autre va se dérouler avec quasiment aucun dialogue, jusqu’enfin un dernier traite de psychiatrie. Un épisode se déroule dans un casino alors que le suivant se déroulera uniquement à bord du « Bepop ». Chaque épisode surprend vis-à-vis au précédent et on arrivera facilement au final sans l’avoir vu venir. De même le rythme, toujours calqué sur les thèmes de jazz joués, balance entre le très doux (dans des scènes spatiales contemplatives par exemple) et l’ultra dynamique (notamment dans les rares scènes d’action, toutes mémorables).

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Ensuite viennent les personnages. Très différents les uns des autres, les décrire est pourtant vraiment difficile. C’est rare de ne pas avoir de stéréotype distinct pour un personnage et c’est une de leur grande force. Tous complexes, ils se dévoilent au fur et à mesure du récit. Ils doivent faire face à des choix éthiques complexes et esquivent ainsi un manichéisme primaire.

Il resterait un tas de choses à dire sur Cowboy Bepop : la beauté des dessins qui malgré les 20 années passées restent d’une poésie digne d’un Ghost in the Shell, l’histoire principale prenante bien que discrète menant à un final grandiose, l’ambiance globale de la série si caractéristique entre mélancolie et élan épique (ambiance étonnamment proche parfois d’un épisode de Bloqué) … mais parler de tout serait gâcher la surprise.

Pour conclure je dirais que Cowboy Bepop peut convenir à tout fan de science-fiction, de jazz ou d’ambiance « à la cool » en général et que le décrire seulement comme un animé est très limité. Il est un excellent premier pas dans le monde de l’animation japonaise pour les non-initiés et pour les autres c’est surement un des meilleurs du genre. Pour ceux ayant déjà vu l’animé, je vous conseille le film ou sa suite spirituelle Samurai Champloo.

Cédric AMUAT