Memories of the Alhambra

Posted by in Séries

Nouvelle série originale sur Netflix mais aussi nouveau drama qui fait des ravages en Corée du Sud, Memories of the Alhambra est ce genre de série que vous commencez mais que vous ne pouvez arrêter tant à cause de l’histoire futuriste et très travaillée que son intrigue ne nous laissant jamais savoir la vérité.

Après avoir reçu un e-mail sur un jeu de réalité augmentée sur les batailles médiévales à Alhambra, Yoo Jin-woo (Hyun Bin), PDG beau gosse d’une société d’investissement spécialisée dans les appareils optiques, se rend à Grenade en Espagne pour rencontrer le créateur du jeu, Jung Se-joo (Parc Chan-yeol). Il y fait la connaissance de sa soeur Jung Hee-joo (Park Shin-hye), propriétaire de l’auberge où il réside mais Se-joo reste introuvable. Notre héros se retrouve mêlé à un mystérieux incident et la frontière entre le monde réel et le monde virtuel commence à s’estomper.     

A vrai dire, je n’étais vraiment pas très emballée par la synopsis de ce drama d’autant plus qu’il est diffusé sur Netflix, et pour moi un drama ou un film asiatique directement sur Netflix équivaut à dire qu’il est tellement nul que le réalisateur a dû le vendre à Netflix pour subvenir à ses besoins. Heureusement, l’exception confirme la règle (même s’il y a quand même quelques petits hics qui ne passent pas inaperçus). En fait, Memories of the Alhambra doit son succès par son histoire futuriste dont tout le monde rêve qu’on a pu d’ailleurs déjà voir dans de nombreux anime (SAO, Grimgar etc), et franchement chapeau, parce que faire des effets spéciaux pour rendre « réel » un jeu d’aventures dans un film sans que ça fasse mal aux yeux,  est une grande épreuve. Bon après, comme bon classique drama coréen, on a la petite histoire à fleur de peau entre nos deux personnages principaux, un grand merci au réalisateur qui nous a épargné cette « douceur » dès le début et a plutôt favorisé l’intrigue fantastique.

Les gros problèmes (qui ne nous empêchent en aucun cas de savourer les 16 épisodes) :

Dans un premier temps, on peut parler des personnages. On a tout d’abord notre héros, PDG plein aux as, beau gosse, un peu trop sûr de lui et très accro au jeu (vitalement parlant lol) qui devient presque du jour au lendemain parano, considéré comme fou, et en plus de ça destitué de son poste. Je trouve le changement un peu trop raide et bizarre. Déjà, un PDG qui part en vacances soi-disant pour tester un jeu (pourquoi ce ne sont pas ses employés ??) et qui fait comme bon lui semble me paraît un peu trop tiré par les cheveux mais bon, si on est habitué aux dramas coréens on peut voir que c’est un peu tout le temps ce type d’histoire qui revient.

La déception qui se transforme en agacement : Park Shin Hye. Adorée de tous en Corée du Sud, je l’ai moi-même beaucoup aimée dans ses nombreux rôles d’amoureuse et de combattante mais là les gars faut se calmer. On a l’impression d’avoir un personnage stupide qui passe sa vie à courir après le beau gosse, qui lui n’a jamais vraiment montré des signes d’attachement, mais bien sûr, elle continue à le suivre partout et à l’aider même si elle se prend des vents. Pleurnicharde, trop amoureuse, niaise et pas très forte, elle est vraiment le personnage détestable de toutes les filles qui ont un minimum de fierté. Ce point négatif ne m’a pas fait arrêter de regarder le drama, mais c’était limite, parce que franchement, c’est exaspérant de la voir courir à droite et à gauche pour monsieur alors qu’il n’en a rien à foutre et pense qu’au jeu. Pareil pour son frère, on le voit, on le voit plus, grosse disparition mystérieuse et on le recherche tout le long, mais bon on sait très bien dès le début qu’il ne sert pas à grand-chose malheureusement.

La localisation problématique : Grenade. C’est mignon d’avoir essayé de faire une série dans un lieu étranger pour donner un effet mythique avec l’histoire de la ville, mais essayez au moins de bien l’exploiter. On comprend qu’au début toutes les scènes doivent se passer dans ce lieu car le jeu est développé là-bas mais à partir du moment où notre héros retourne à Séoul ça commence à partir un peu trop en couilles, désolé pour la vulgarité. On oublie tout de Grenade, puis on y refait un tour, et finalement on arrive à déplacer les personnages virtuels de là-bas à Séoul, bref on n’y comprend pas grand-chose. Je pense qu’ils ont juste voulu justifier leur budget en nous envoyant à l’étranger, mais les gars, restez à Séoul c’est très bien.

La série a quand même quelques points très positifs à souligner. J’ai déjà évoqué l’histoire vraiment atypique qui nous tient en haleine tout le long, et je le dis à nouveau, bravo pour cette originalité, ça fait plaisir à voir. L’évolution est assez logique, un peu tirée par les cheveux dans certains cas mais ça passe. Elle nous fait vraiment penser à un jeu vidéo, en fait on a vraiment l’impression d’être dans une quête d’un jeu et c’est ultra captivant, surtout quand c’est combiné avec la vie réelle. Tout cela est également accompagné d’une musique SU-PER-BE. C’est sûrement d’ailleurs un des meilleurs atouts de cette série. Vous voyez ce type de musique qui s’installe progressivement pendant une action qui va être très épique comme par exemple dans Pirates des Caraïbes et qui, au final, vous excite à chaque fois que vous l’entendez parce que vous savez que ça va être magique ? Et bien, j’ai le plaisir de vous dire que c’est ce genre de musique entraînante que propose la série. Pour finir, sans vous spoiler, la fin ne m’a pas trop déplu, elle suit la continuité, n’est pas trop bâclée mais n’est pas si exceptionnelle que ça.

J’ai peut-être paru un peu dure sur cette critique (alors qu’au final j’ai attendu chaque épisode avec impatience), mais vu la pub qu’ils avaient fait, je m’attendais à un drama exceptionnel. C’est vraiment dommage que certains personnages soient décevants mais malgré tout, Memories of the Alhambra est quand même un drama qui marque un nouveau genre dans le cinéma asiatique.

Aurélie GIRARD