Glass

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(M. Night Shyamalan, 2019)

 

Anna : Laissez-moi d’abord contextualiser. Glass est la rencontre des destins de trois personnages psychotiques et dérangés. On retrouve Kevin Wendell Crumb de Split (2017) et ses 24 personnalités, ainsi que David Dunn et Elijah Price du film Incassable (2000). David Dunn aka l’Homme incassable est à la recherche du responsable de kidnappings à Philadelphie, c’est-à-dire les 24 Kevin. Alors qu’il tente de combattre la Bête – la personnalité d’une férocité animale de Kevin – ils se retrouvent tous les deux arrêtés et placés dans un institut psychiatrique. Là-bas, une étrange psy – Ellie Staple jouée par Sarah Paulson – s’occupe de leurs deux cas, mais aussi de celui de Elijah, l’esprit vif aux os extrêmement fragiles.  

Si celle-ci se dit spécialisée dans les cas de mégalomanies où les patients se prennent pour des super-héros, les capacités des personnages principaux nous feraient presque douter de la rationalité médicale. Les spectateurs sont peu à peu plongés dans les délires des personnages. Le réalisateur M. Night Shyamalan reste totalement ambigu quant à ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, et c’est à nous de choisir si ce trio est véritablement surhumain ou si le scénario est un pur délire psychotique de Elijah, Kevin et David.  

Léana : Je suis d’accord sur ce point : l’une des forces du film est de nous faire douter. Sommes-nous dans un film de super-héros ? Ou juste de fous dans une clinique à la Shutter Island ? Mais je pense que le film va encore plus loin. Pour ceux qui ont vu Incassable et Split, on a totalement intégré les “super pouvoirs” de David Dunn et la part surhumaine de la Bête, mais ce film parvient à remettre en question tout ce que l’on pensait avoir compris et retenu des deux précédents films.

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Anna : En tout cas, peu importe si l’on considère qu’ils sont fous ou surhumains, le film captive. Le jeu des acteurs est d’abord très impressionnant, particulièrement celui de James McAvoy. Le spectateur apprend à reconnaître en une fraction de seconde quelle est la personnalité en train de s’exprimer.

Léana : Encore une fois, je suis totalement d’accord. On connaissait déjà bien Patricia, Edwing et Devis et avons eu la chance d’en apercevoir quelques autres, mais on a la chance dans Glass de rencontrer toutes les personnalités de Kevin, et effectivement, James McAvoy excelle à les interpréter et à les différencier, d’autant plus qu’il ne peut se servir que de son attitude pour cela, contrairement à dans Split où les tenus et accessoires nous aider à comprendre quelle personnalité était dans la lumière. Les autres acteurs sont également excellents : les jeux de Bruce Willis (David Dunn) et Samuel L. Jackson (Elijah Price) ne sont plus à prouver, et Anya Taylor-Joy (Casey Cooke) qui avait déjà fait ses preuves dans Split ne fait que confirmer son talent.

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Anna : En plus, sur la forme, la manière de filmer est originale. Les plans inversés, penchés nous retournent la tête et changent de ce que l’on a l’habitude de voir. Les caméras embarquées sur le personnage nous plongent également au cœur des scènes d’action.  

Même le montage du film est innovant, donnant une impression très dynamique et retranscrit le désordre mental des personnages principaux sur la forme du film, avec pour résultat une ambiance froide, à la fois effrayante et dérangée.

Léana : Pour conclure, aussi bien sur le fond que sur la forme, Glass est réellement original et sort du cadre des traditionnels films de super-héros. Sans sombrer dans un univers trop dark (coucou DC comics) ou utopique, Glass semble réellement rendre compte de la réaction logique qu’on aurait face à l’apparition d’êtres qui se diraient avoir des capacités hors-normes. La fin dénote, déconcerte un peu, et à mon sens aurait pu être mieux amenée. Le film n’en reste pas moins prenant et si vous avez vu Incassable ou Split, le cross-over vaut le détour.

 

Anna SADOWSKI & Léana PAQUET