FOCUS – Astuces et secrets de tournage

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Le cinéma ne nous laisse voir que ce qu’il désire, mais beaucoup d’astuces et de techniques sont employées pour nous immerger dans des histoires les plus crédibles possible. En voici une petite sélection…

La prise de drogue

Rouler un faux joint, simuler de prendre de l’ecstasy ou encore une injection d’héroïne est facile à l’écran, mais dans Peaky Blinders, Pulp Fiction ou encore Lord of War, on se dit que certains acteurs sortiraient de leur rôle avec pour héritage une forte dépendance à la cocaïne s’il n’y avait pas certaines techniques pour feindre sa prise.

Pulp Fiction Animation GIF

Pulp fiction

Pour cela, les techniques sont variées. On peut faire le choix de simplement remplacer la cocaïne par une autre poudre inoffensive, par exemple du lactose en poudre comme l’accessoiriste Mychael Bates, de la fécule de maïs ou encore de l’inositol (qui sert parfois à couper la cocaïne). Il suffit de prendre une poudre qui ressemble à de la cocaïne et qui ne devienne pas collante (comme le sucre) ou grumeleuse (comme la farine) à l’humidité. Cependant, la prise massive de poudre, quelle qu’elle soit, peut facilement congestionner les acteurs (et alors bonjour la bronchite). Pour éviter cela, certains enduisent tout simplement l’intérieur de la paille de vaseline afin de retenir une partie de la poudre.

Malgré ces méthodes alternatives, certains acteurs décident « d’y aller à chaud », c’est-à-dire de faire certaines scènes (pas toutes non plus, ça serait chaud), en fin de semaine notamment, avec de la vraie cocaïne pour rendre la scène plus vraie.

En ce qui concerne les cigarettes, au cinéma il s’agit souvent de cigarettes factices composées d’herbes, sinon Thomas Shelby en serait certainement à son cinquième cancer du poumon.

Tommy Shelby GIF - Tommy Shelby Peaky GIFs

Peaky Blinders

Les films d’horreur

C’est sûrement le genre dans lequel il existe le plus d’anecdotes de tournage. En effet, quoi de mieux comme pub pour Amityville que de faire circuler la rumeur selon laquelle l’équipe du film se réveillerait constamment et de manière inexpliquée à 3h15, heure à laquelle le personnage du film lui-même se réveille toutes les nuits ? Recréer l’ambiance d’un bon film d’horreur requiert son lot d’astuces.

Pour commencer, vous êtes-vous déjà posé la question des enfants sur le tournage des films d’horreur ? Comment leur explique-t-on qu’ils vont devoir fuir un dangereux assassin à la tronçonneuse ? Comment se passe le suivi psychologique après ? Autant d’interrogations qui ont dû, comme à moi, vous traverser l’esprit et qui trouvent en réalité une réponse toute simple : les enfants ne savent généralement pas qu’ils jouent dans un film d’horreur. Question de morale. Mais certains réalisateurs en ont visiblement peu (de la morale), si bien que dans certains films d’horreur, les enfants sont volontairement terrifiés pour tourner leur scène. Mais c’est très peu recommandé et employé.

Shining

Quand un des protagonistes se prend une dizaine de coups de couteau dans le torse, il existe des astuces pour éviter d’avoir à sacrifier une doublure. Pour tout ce qui est os cassés, yeux crevés, couteaux plantés et j’en passe, les sons sont réalisés grâce à des légumes. Il paraît en effet que pastèques et choux se prêtent tout particulièrement à cet exercice.

Comme vous vous en doutez, les décors de films d’horreur sont souvent factices. Les yeux dans les bocaux, les têtes réduites, les têtes coupées sont créés artificiellement pour l’occasion, cependant certains réalisateurs préfèrent utiliser d’authentiques accessoires. C’est ainsi qu’on peut voir à la fin de Massacre à la tronçonneuse un squelette humain que la production a dû importer d’Inde, technique retrouvée dans Poltergeist par soucis de budget, où l’actrice se baigne dans une piscine avec de véritables squelettes (ce qu’elle ignore lors du tournage).

En ce qui concerne l’ambiance sur le plateau, certains réalisateurs entretiennent volontairement la nervosité et le stress de leurs acteurs pour plus d’authenticité, comme Stanley Kubrick dans Shining qui faisait tout pour que Shelley Duvall (qui interprétait Wendy Torrance) soit dans l’état d’anxiété de son personnage, allant jusqu’à lui parler mal constamment et à ordonner à toute l’équipe de ne pas lui adresser la parole ce qui l’isola totalement. Cela valut à l’actrice une sévère dépression nerveuse à l’issue du tournage. D’autres réalisateurs décident au contraire de détendre l’atmosphère et tenter de rendre leurs acteurs plus à l’aise, comme dans le film Hostel qui se déroule dans un véritable hôpital psychiatrique abandonné, pour la réalisation duquel Eli Roth faisait passer de la musique joyeuse à fond sur le plateau.

Scènes qui n’étaient pas prévues gardées à l’écran

Au cinéma, beaucoup de scènes sont criantes d’authenticité, et certaines à juste titre. En effet, nombre de moments devenus cultes au cinéma n’étaient en fait pas planifiés du tout. En voici quelques-uns :

Dans Le Seigneur des anneaux, Viggo Mortensen (Aragorn dans le film), a eu le droit à son lot d’imprévus. Dans la scène où il pense les deux hobbits perdus et donne un coup de pied de rage dans un casque, le cri qui s’ensuit est très réaliste, et pour cause : l’acteur s’est cassé deux orteils dans l’opération. Dans une autre scène, il esquive un couteau lancé vers son visage en le déviant grâce à son épée ; s’il apparaît qu’Aragorn a de très bons réflexes, il en va de même de l’acteur, car ce couteau était une erreur de lancer et n’aurait jamais dû se trouver là.

Pas mal d’acteurs se sont blessés en interprétant un rôle. C’est le cas de Leonardo DiCaprio dans Django Unchained, lorsqu’il frappe sur la table pour traduire la colère de son personnage, il brise accidentellement un verre et s’entaille la main. Il continue néanmoins la scène que Quentin Tarantino trouve réussie si bien qu’il intègre la blessure au scénario.

Dans Le Parrain, la réplique devenue culte de James Caan, « Bada-Bing », a été improvisée par l’acteur au moment du tournage.

Enfin, la célèbre sortie de l’eau de Daniel Craig dans Casino Royale n’était pas prévue : l’acteur a buté dans un banc de sable, il était initialement censé rester dans l’eau.

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Casino Royal

Les animaux au cinéma

Il existe un grand nombre d’astuces pour que les animaux deviennent de formidables acteurs.

Les chiens sont les animaux les plus simples à employer au cinéma. En effet, leur nature à vouloir satisfaire leur maître rend leur dressage très simple. Ils marchent également beaucoup à la récompense en jeu ou en friandise. Cependant leur capacité d’attention est limitée, ils ont besoin de longues pauses, si bien que des doublures canines sont nécessaires (ne croyez pas ce que l’on vous a montré dans Volt).

On utilise même les chiens pour doubler les loups. Ces derniers sont plus craintifs et doivent être habitués aux acteurs avant les scènes. Ils doivent être récompensés en nourriture à chaque fois qu’ils font ce qu’on leur demande (souvent par les acteurs eux-mêmes).

Contrairement aux chiens, les chats ne recherchent pas la satisfaction de leur maître. Plusieurs méthodes fonctionnent néanmoins pour les dresser (toujours avec des récompenses en jeu ou surtout en nourriture), notamment celle du clic. Elle consiste à produire un clic à chaque fois que le chat a le comportement recherché et en le récompensant en même temps. Ainsi, il associe le clic à une action qui lui apportera une récompense. Souvent, plusieurs chats sont utilisés pour un même rôle, chacun jouant une scène en accord avec son caractère (par exemple, si le chat doit s’enfuir en courant, on prendra un chat au caractère craintif). Il existe néanmoins des chats particulièrement professionnels et qui ont besoin de peu de doublures car pratiquement capable de tout faire, comme le chat qui interprète Miss Teigne dans Harry Potter selon Gwen Griffith (dresseuse féline).

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Harry Potter

Les chevaux apparaissent aussi beaucoup dans les films, notamment dans les westerns. Ils sont parfaitement dressés à répondre à tous les appels du cavalier dans la seconde, mais aussi à la voie afin que le dresseur puisse se faire obéir quand le cheval est seul devant la caméra. Pour ce qui est des chutes, les chevaux subissent un entraînement intense afin d’être en parfaite condition physique et suffisamment souples pour ne pas se blesser. Elles sont effectuées sur un sol mou et traditionnellement sur le flanc gauche. Si aujourd’hui le bien-être de l’animal prime, au début du cinéma on ne s’embarrassait pas de tels problèmes éthiques et on faisait chuter le cheval contre sa volonté en entravant ses postérieurs ou en tendant un fil devant lui.

En ce qui concerne les animaux plus sauvages tels que les lions et les tigres, la présence d’un vétérinaire armé de tranquillisants est requise lors des tournages, et souvent une distance de sécurité est respectée entre les acteurs et les animaux, comme sur le tournage de Gladiator où Russell Growe n’était jamais à moins de 4.5 mètres des tigres. Certains films nécessitent cependant une proximité entre acteur et animal, et il faut prendre alors des mesures spéciales, comme dans Mia et le lion blanc, pour lequel c’est l’actrice qui a été casté en fonction du lion. Le tournage a duré trois ans pour permettre à l’actrice de forger un lien avec le lion alors qu’il venait de naître. Seuls elle, le dresseur et un autre acteur avaient des contacts avec le lion. Cependant, aujourd’hui, grâce aux effets spéciaux, la présence des animaux n’est souvent même plus requise sur le plateau.

 

Quelques fun facts sur des films connus

Le Seigneur des anneaux (Peter Jackson) :

  • Pour éviter la censure, Peter Jackson a décidé de doter les créatures maléfiques de Sauron et Saroumane de sang noir.
  • Afin de respecter la nature, des kilomètres de moquette ont été utilisées par l’équipe technique.
  • Les trois films de la saga, bien que leur date de sortie soit différente, ont été tournés en simultané.

The Artist :

  • Aucun zoom n’a été utilisé lors du tournage pour respecter le fait que cette technique cinématographique n’existait pas à l’époque.

Titanic :

  • Tous les dessins de Jack ont été fait par James Cameron, et ce sont ses mains que l’on voit dessiner sur les gros plans de la scène où Jack dessine Rose nue.
  • Les figurants et acteurs ont eu le droit à des cours de bonnes manières pour se comporter comme en 1912.

Fight club :

  • Les faux noms utilisés par Edward Norton dans ses divers groupes de soutien ont en partie étaient empruntés à La Planète des singes (1968) ou à divers rôles de Robert Niro.
  • Dans la scène où le héros frappe Tyler pour la première fois devant le bar, Edward Norton devait feindre de cogner Brad Pitt, mais David Fincher a demandé à Edward de ne pas simuler la frappe, ce qui peut expliquer la crédibilité de la scène et les rires d’Edward face à Brad qui n’était pas au courant qu’il allait se prendre une vraie droite.

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Léana PAQUET