FOCUS- Tim Burton

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L’UNIVERS DE TIM BURTON

Tim Burton est à l’origine d’une énorme filmographie en tant que réalisateur. Résultat, parmi la trentaine de films qu’il a réalisée, tout le monde en connait au moins un.

Ce réalisateur californien né en 1958 a connu autant de succès dans la prise de vue réelle que dans l’animation. Mais il a surtout réussi à définir un univers complet qu’il lui est propre, noir, ironique, macabre, sombre, gothique. Un univers marqué et donc directement reconnaissable, mais qui ne gâche pas non plus le talent de Burton pour sortir ponctuellement de son genre de prédilection.

Une biographie peu commune…

Son enfance étrange n’y est peut-être pas pour rien. Ses parents assez spéciaux auraient en effet cloué des planches sur la fenêtre de sa chambre sans raisons. Il était de plus un enfant introverti, qui faisait croire à son voisin que des extraterrestres allaient venir le tuer, ce qui présageait déjà de son futur film Mars Attacks!. Il lit et dessine beaucoup, et préfère les salles obscures des cinémas au soleil californien. Il commence à construire son univers artistique et intègre une formation de dessin au California Institute of Arts.

Le saviez-vous ? Tim Burton a commencé par travailler dans les studios Disney, où il a participé à l’animation de Rox et Rouky, rien à voir avec le style qu’on lui connait.

D’après Burton, ce fut une mauvaise expérience, où il ne pouvait pas avoir une vision libre du dessin. Les studios Disney lui donnent même l’opportunité de réaliser deux courts métrages – Vincent en animation et Frankenweenie en prise de vue réelle – mais les considèrent trop déprimants et mettent Burton à la porte.

 Il prend toutefois sa revanche en 2012 quand Disney accepte de produire la version animée de Frankenweenie.

Beetlejuice, Beetlejuice, Beetlejuice

Après Disney, Burton travaille chez Warner où il réalise son premier long métrage, Pee-Wee Big Adventure, une comédie qui connait un certain succès. Mais sa célébrité commence véritablement avec Beetlejuice en 1988, avec l’acteur Michael Keaton dans le rôle principal. Dans cette comédie macabre, un couple de fantômes cherche à se débarrasser de la famille de vivants qui hantent leur maison et fait appel à un « bio-exorciste » dont il suffit de prononcer trois fois le nom, Beetlejuice.

Le design de ce personnage est un des plus marquants de toute sa filmographie et continue aujourd’hui d’inspirer, alors que Burton l’a dessiné étant enfant.

Un nouveau Batman

Grâce à son succès grandissant Burton se voit confié la réalisation de Batman en 1989 et, fidèle professionnellement parlant, il choisit une nouvelle fois l’acteur Mickael Keaton pour jouer le super-héros. Mais son choix est inattendu et largement contesté par la communauté des fans de comics, contrairement au choix de Jack Nicholson pour jouer le Joker.

Burton réalise également une suite, et à chaque fois, son interprétation de Batman enclenche polémiques et protestations quant aux choix des acteurs, des décors très sombres et à la large place laissée aux méchants.

 

Tim Burton et Johnny Depp : une équipe qui gagne

En 1990, après la pression due à la réalisation de Batman, Burton a un projet bien plus personnel : Edward aux mains d’argent. Dans ce film, Edward – interprété par Johnny Depp – est une invention inachevée qui a à place des mains des ciseaux tranchants. Ce personnage aussi étrange qu’attachant a du mal à s’adapter dans une société qui a peur de lui et qui le rejette, alors qu’il a un cœur comme eux tous. Burton s’inspire largement de sa vie personnelle pour aborder la question de la monstruosité et de la différence dans une société aseptisée et impersonnelle.

Ce chef-d’œuvre est aussi le début d’une collaboration plus que fructueuse avec Johnny Depp, collaboration qui s’étale aujourd’hui sur huit films. Si leur relation cinématographique est si harmonieuse, c’est certainement car Johnny Depp trouve dans les films de Burton des rôles forts et originaux, et car il incarne à la perfection l’univers étrange de celui-ci. Que ce soit le chocolatier excentrique de Charlie et la chocolaterie, le vampire de Dark Shadows, ou le chapelier d’Alice aux pays des merveilles, à chaque fois il se métamorphose complètement et le spectateur ne peut qu’oublier l’acteur et être transporté par le monde burtonien.

Et c’est pas fini

Plus récemment, Burton s’est inspiré avec succès de sa paternité pour le film Big Fish, ou encore de l’imposture du couple Keane dans les années 50 pour le biopic Big Eyes.

En 2005, le film Charlie et la chocolaterie est encore un immense succès mondial. C’est une adaptation d’un roman de Roald Dahl, un auteur que Burton lisait étant petit. Ce film sort pourtant de son univers gothique habituel et nous plonge dans un univers très coloré, toujours mené par l’excentrique Willy Wonka – aka Johnny Depp.

Tim Burton continue d’arpenter le 21e siècle fort du succès de son univers et de son humour noir et redouble d’efficacité : 2010 Alice aux pays des merveilles, 2012 Frankeneenie, 2014 Big Eyes, 2015 Miss Peregrine et les enfants particuliers.

Et bientôt… une adaptation en prise de vue réelle de Dumbo, l’éléphant préféré de notre enfance !

Anna SADOWSKI