Le Dernier Pub avant la Fin du Monde

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(Edgar Wright, 2013)

Une ville, 5 hommes, 12 bars, 12 pintes, 12 litres de boisson faite de malt et de houblon. Tel est le pitch alcoolisé du Dernier Pub avant la Fin du Monde, film réalisé par le très anglais Edgar Wright. Il est le petit dernier de la trilogie Cornetto et souvent décrié comme le moins bon. Pourtant, bien qu’il se différencie effectivement de ses deux prédécesseurs, ce film a des choses à nous dire et possède une vraie patte créative.

Mais commençons par les bases, qu’est-ce que la trilogie Cornetto ? En 2004 après avoir réalisé la série Spaced (dont la critique est sur ce site) le jeune Edgar Wright sort son premier long-métrage, Shaun of the Dead. Il continue sur sa lancée en 2007 avec Hot Fuzz puis en 2013 avec Le Dernier Pub avant la Fin du Monde. Ces 3 films forment ce qu’on appelle la trilogie Cornetto, ils ne se suivent pas et ne se passent pas dans le même univers mais sont tous 3 des pastiches de genres de cinéma connus. Shaun of The Dead par exemple reprend les codes du film de zombie alors qu’Hot Fuzz réinterprète le buddy movie policier. Ils sont tous réalisés par le même réalisateur, ont toujours le même duo d’acteurs en personnages principaux (Simon Pegg et Nick Frost) et présentent toujours un Cornetto à un instant dans le film. Si les deux premiers films sont quasi unanimement acclamés par la critique, le troisième a toujours eu un peu mauvaise presse, comme s’il faisait tache dans ce Saint Graal du cinéphile. 

Et bien ce n’est pas faux, Le Dernier Pub avant la Fin du Monde se distingue effectivement beaucoup de ses deux acolytes, mais une tache n’a pourtant jamais été aussi belle. Mais repartons sur de bonnes bases.

Le film raconte la retrouvaille de 5 anciens amis du lycée. Jeunes ils avaient tenté le barathon de Newton Heaven, leur village d’enfance, mais avaient échoué près du but. Vingt ans plus tard le leader du groupe d’antan décide de rassembler l’équipe pour retenter l’exploit : 12 pintes, 12 litres de bière, 12 pubs à traverser jusqu’au dernier « La Fin du Monde ». Alors que l’équipe tente tant bien que mal de retrouver ce qu’ils aimaient dans le passé, des évènements vont venir mettre à mal leur parcours, à eux et à toute l’humanité.

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Indéniablement le plus abouti techniquement, Le Dernier Pub avant la Fin du Monde se traîne la réputation d’être le moins créatif de la trilogie. Même s’il ne s’agit pas du film avec les transitions les plus ingénieuses (ce qui normalement fait la patte de Wright) il est néanmoins le plus fluide. Il comporte beaucoup plus de scènes d’action que ses prédécesseurs et on aurait pu croire qu’elles manqueraient de punch vu le manque d’expérience du réalisateur dans le domaine, il n’en est rien. Souvent tournées comme un plan-séquence (scène où on laisse tourner la caméra, scène sans « cut ») elles sont particulièrement jouissives à suivre. On est loin du petit coup de batte de cricket que donnait Simon Pegg dans Shaun of the Dead qui sonnait très faux, ici les chorégraphies sont rythmées, les coups sont violents et les enjeux sont réels.

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Le film se veut de même moins comique, ce qu’on lui a beaucoup reproché. Ce parti pris est une volonté du réalisateur qui a voulu parler de thèmes plus sombres. Ainsi même si le film reste globalement une comédie, il traite de sujets plus sérieux comme la crise de la quarantaine, la nostalgie, la recherche d’un bonheur illusoire (pas l’alcoolémie, c’est un film anglais voyons).

Finalement Le Dernier Pub avant la Fin du Monde n’est pas le film que l’on attendait pour conclure la trilogie Cornetto. Mais comme une des morales du film, il faut savoir dépasser ses attentes et trouver le bonheur là où il est et non là où on voudrait qu’il soit. S’il est très différent de ce à quoi on pouvait s’attendre, il possède ses qualités propres à ne pas dénigrer.

Cédric AMUAT