Illang : The Wolf Brigade

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(Kim Jee-won, 2018)

Adaptation de Jin-Roh, la brigade des loups, film d’animation japonais légendaire réalisé par Hiroyuki Okiura en 1999. Un si célèbre film d’animation ne peut être repris que par un grand réalisateur, Kim Jee-won (A Bittersweet Life, J’ai rencontré le Diable, The Age of Shadows ou encore Le Bon, la Brute et le Cinglé), dont les œuvres occupent les plus hautes places du Box-Office sud-coréen.

Le film commence en 2029 en détaillant un contexte géopolitique dans lequel les deux Corées sont prêtes à se réunifier à cause de tensions avec la Chine, le Japon ainsi que les Etats-Unis et la Russie. Cependant cette idée de réunification pousse les ennemis des deux Corées à détruire l’économie coréenne à travers de nombreuses sanctions comme le blocus pétrolier. Tout cela donne naissance à un groupe terroriste appelé « La Secte » qui s’oppose à cette réunification. Le gouvernement décide alors de mettre en place l’Unité Spéciale pour lutter contre le terrorisme, engendrant des conflits internes dans les services de sécurité. Cette version respecte assez bien Jin-Roh en ajoutant une touche coréenne par le thème controversé de la réunification coréenne.

Tout d’abord, nous allons parler des quelques points positifs qui sont fidèles au talent du réalisateur et font d’Illang : The Wolf Brigade un film assez divertissant.

Le point fort du film est les scènes d’action, tout le long du film nous assistons à des scènes de combat éblouissantes avec des hommes vêtus d’un costume assez imposant en fer et des masques. On peut d’ailleurs citer les poursuites en voiture très bien réalisées ou encore la scène d’action dans la N Seoul Tower qui donnent alors un thriller d’action très captivant. De plus, tout cela est accompagné par de nombreux rebondissements, des complots politiques et surtout de très bons acteurs dont les filmographies font rêver (Jung Woo-sung, Kang Dong-won, Han Hyo-joo, Kim Mu-yeol). On apprécie aussi le message que veut faire passer le film en faisant référence à l’histoire du chaperon rouge intégrée dans l’intrigue par la comparaison des hommes aux loups.

Néanmoins, certains détails peuvent déranger le spectateur. En effet, la complexité de l’intrigue peut être un obstacle à la compréhension du film, plus le film avance dans l’histoire, plus on s’interroge sur son objectif. Dès le début, l’utilisation de la réunification des Corées comme justificatif de la situation chaotique du pays est une idée très exagérée et pas très réaliste. Les rebondissements et les trahisons, bien que primordiaux au suspense, transmettent trop d’informations incohérentes au spectateur qui se perd et ne sait plus qui est dans quel camp. Malheureusement, cela ne mène qu’à une fin assez ratée qui nous laisse un peu sur notre faim et nous donne un ressenti très négatif sur le film.

Finalement, on comprend bien pourquoi Illang : The Wolf Brigade n’a pas eu de succès en Corée du Sud. De plus, l’achat des droits internationaux de diffusion par Netflix semble avoir été la seule solution pour sauver la production d’un désastre financier.

Aurélie GIRARD