Les Frères Sisters

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(Jacques Audiard, 2018)

 

Les Frères Sisters est un western franco-américain adapté du roman de Patrick de Witt, réalisé par Jacques Audiard.

Ce film suit les aventures des frères Sisters, Eli (John C. Reilly) et Charlie (Joaquin Phoenix), deux tueurs à gage très doués, notamment grâce à leur absence d’humanité. Dans un paysage western américain de la fin du XIXème siècle, les deux frères se voient confier une mission par le Commodore, qui de prime abord ne change pas de leur travail habituel : tuer un homme.

Le film s’ouvre sur une scène qui nous introduit tout de suite les personnages. De nuit, on les voit tuer une dizaine d’hommes sans aucun scrupule pour atteindre une unique cible. Malgré leur infériorité numérique, ils s’en sortent sans une seule égratignure. La seule trace d’humanité se voit dans l’embêtement d’Eli quand ils se rendent compte que la grange a pris feu avec les chevaux à l’intérieur. Même s’il dit à son frère qu’il est énervé parce qu’ils vont devoir rentrer à pied, on a l’impression que la mort de son cheval ne le laisse pas indifférent pour des raisons sentimentales, ce qui se confirmera dans la suite du film.

Le film retrace leur mission sous la forme d’une course poursuite. Ils se lancent sur les traces d’Hermann Kermit Warm (Riz Ahmed), un chimiste qui aurait volé une information au Commodore, guidés par le détective Morris (Jake Gyllenhaal) qui s’est chargé de le retrouver. On alterne les plans sur les frères, dont la relation n’est pas aussi parfaite qu’on aurait pu le penser, entre lutte de pouvoir et divergence d’opinions, et les plans sur le chimiste et le détective qui commencent à créer des liens. Les valeurs familiales et le poids des racines généalogiques sont plus qu’abordés dans ce film où les quatre personnages principaux ont tous un schéma de pensées différent et dont la réunion va bousculer la perception du monde de chacun.

Malgré la longueur du film (2h) et le peu de personnages, le scénario est bien ficelé et l’intrigue toujours relancée, si bien que l’on ne regarde jamais sa montre. John Reilly et Joaquin Phoenix parviennent à retranscrire parfaitement une relation entre frères touchante, dans laquelle on sent aussi bien la complicité que les tensions, et Riz Ahmed est parfait dans la figure de l’idéaliste naïf.

Pour conclure, Les Frères Sisters change du film western habituel, avec des scènes de bagarres certes mais aussi beaucoup de plans en pleine nature et des dialogues profonds qui témoignent de la complexité des personnages.

Léana PAQUET