GET ON UP

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(2014, Tate Taylor)

Le film s’ouvre sur Augusta, en Géorgie, en 1988. James Brown, des années après son Golden Age, arrive à une réunion de ses employés. Armé d’un fusil, il engueule alors ceux-ci pour savoir qui a utilisé ses toilettes privées. Cela révèle l’ampleur du personnage qu’est James Brown. En effet, ce qui ressort le plus de ce biopic est le fort caractère, la confiance en soi, les crises de colères qui émanent de celui qu’on appelle encore aujourd’hui le Parrain de la Soul (The Godfather of Soul). Le film se décompose en plusieurs parties de son histoire : son enfance qui commence dans ce biopic en 1939, quand il vivait avec ses parents qui se battaient, comment il a réussi à percer grâce aux Famous Flame et atteindre la célébrité puis comment sa carrière a évolué.
Ces aller-retours en arrière permettent en effet de comprendre ses humeurs, sa passion pour la musique, ses envies de célébrité et de succès : sa mère fuit son mari quand il est petit. Le petit James est alors laissé à sa tante qui tenait une maison close tandis que son père intègre l’armée. Il enchaînera avec de la prison, là où il rencontrera le leader des Famous Flame, Bobby Bird qui lui ouvrira la porte de son foyer mais aussi la porte vers la musique.
Cette vie de pauvreté et de violence a fait de lui un homme débrouillard qui refusera que quiconque lui marche sur les pieds à l’avenir. C’est pourquoi le film est ponctué par de nombreux discours d’encouragement de la part de James Brown : sa carrière s’est faite en saisissant les opportunités qui se présentaient à lui et cela, il le dit aux différentes personnes qu’il croisera dans sa vie mais aussi au spectateur à qui il parle face caméra. Ce tempérament lui a valu son statut de business man : il ne veut être dépendant de personne et l’argent le lui permettra. Mais cela lui vaut aussi des réprimandes : James Brown n’est pas tendre avec ses musiciens à qui il met des sortes amendes pour tel ou tel faux-pas de leur part. Malgré son talent, ses conquêtes, sa famille, il n’aura donc que très peu de personnes proches et un certain sentiment de solitude le suivra le long de sa carrière.
A travers ce biopic, on peut voir les influences du Parrain de la Soul que sont le gospel, le jazz, Little Richard etc mais aussi à quel point lui-même a influencé le monde la musique : on peut par exemple voir Aloe Blacc, le chanteur de soul/r’n’b qui interprète un chanteur des Famous Flame ou encore comment les Rolling Stones, et notamment Mick Jagger, s’en sont inspirés. Les mouvements endiablés de Jagger sont ceux de Brown. C’est d’ailleurs celui-là qui a financé ce biopic. Bien qu’un peu romancé, mais cela est inévitable dans un biopic, Mick Jagger ne pouvait pas rendre plus bel hommage à une de ses idoles.
Pour mieux connaître le personnage, je vous invite à voir le documentaire Mr Dynamite : The rise of James Brown où ses musiciens et ses proches témoignent sur l’histoire de cette icône de la musique mais aussi de l’histoire des Etats-Unis à travers sa lutte indirecte pour les droits des Noirs.

 

Agnès SANJIVY