The Riot Club, Regards croisés

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(Lone Scherfig, 2014)

Ce film dépeint la jeunesse dorée britannique : née dans l’aristocratie, scolarisée à Eton en compagnie de la famille royale et finit dans l’une des deux universités les plus prestigieuses du Royaume-Uni : Oxford et Cambridge. Ici, la réalisatrice, Lone Scherfig, a choisi Oxford pour nous faire entrevoir la vie d’excès d’étudiants fabuleusement puissants et leur compétition effrénée pour l’entrée dans le Riot club.

Tous beaux, jeunes, riches. Il pourrait s’agir de n’importe quelle jeunesse dorée pourtant il y a dans ce film quelque chose de très british : le club. Très select, et ayant 200 ans d’histoire -le Riot club- qui n’est pas sans ressemblance avec le réel club d’Oxford Bullingdon Club duquel il est inspiré, n’est pas un club sage de lecture, mais plutôt un cadre à la débauche de toute sorte. D’ailleurs son nom l’indique (riot = émeute). Miles, Harry ainsi que leurs acolytes n’ont à s’inquiéter de rien jusqu’au jour où les activités du club prennent un tour tragique et mettent en danger leur avenir qui était déjà tout tracé.

Il faut être honnête, ce film dépeint plutôt bien le mode de vie de la haute bourgeoise britannique où la transmission héréditaire du patrimoine familiale est un point important (Miles va dans la même université que son frère et tout le monde attend de lui d’être aussi génial que lui, Harry, lui, se vente d’être héritier d’une grande famille d’aristocrate). L’esthétique du film est bien maitrisée, notamment les costumes des membres du club, calqués sur les véritables tenues portées à Eton. Quant au jeu, la nouvelle génération d’acteurs britanniques (Max Irons, Douglas Booth en autres) parvient à saisir l’attitude des personnages sûrement parce que la plupart d’entre eux sont eux-mêmes issue de cette élite.

Cependant, le film tire un peu trop sur les clichés, en faisant de Miles et ses camarades une généralité, et pousse au jugement moral. Ce qui manque : c’est une tentative de compréhension de ce type de comportement outrancier et destructeur. On ne voit pas pourquoi et comment cette jeunesse dorée a pu en arriver là sans être inquités, ou sans aucune prise de conscience majeure. Il faut aussi souligner un film très masculin, où les femmes sont reléguées à des jouets potentiels pour les membres du club, ce qui ne fait que renforcer les clichés déjà nombreux.

Finalement, le film est à l’image de la jeunesse dorée : lisse et beau au premier abord mais vide de sens à l’intérieur.

Cheima ZAIZOUNI

Note: 5/10

Ce film britannique sortit en fin d’année est passé quasiment inaperçu. Et pour cause, sortir un film de ce genre pour la nouvelle année ce n’était pas un bon plan marketing.

L’histoire traite du « Riot Club », cercle secret de l’élite de la nation qui évolue dans la partie sombre d’Oxford. Fait de débauche et d’excès depuis 3 siècles, le cercle est sur le point de recruter deux nouveaux membres. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie…

Ce que le film a de meilleur, c’est sûrement le casting. En effet, les acteurs (et actrices) ont été sélectionnés avec rigueur : accent, attitude, tenue… Tout est parfait pour cette incarnation d’une jeunesse spoliée, vaniteuse et démesurée. On retrouve donc Sam Claflin (Hunger Games), Max Irons (Les âmes vagabondes) ou encore Douglas Booth. Ces jeunes hommes ont en commun une belle gueule mais surtout une prestance étonnante dans leur personnage.

Là où le film laisse à désirer, c’est dans l’intrigue. Rien de bien compliqué au début, jusqu’à la scène centrale (qui semble durer la moitié du film) qui monte crescendo vers une apothéose un peu excessive. C’est donc dans l’excès que cette scène se finit : certains diront que c’est dans l’esprit du film, d’autres que cela gâche le travail du réalisateur pour ne pas tomber dans la caricature.

Ce que l’on doit tout de même admettre quant au scénario, c’est la diversité des problèmes que met en avant le film : richesse, éducation, pouvoir…L’atmosphère peut paraître irréelle et pourtant ce genre de club existe. La ‘mentalité’ du film est juste et se justifie. Le but du film n’est pas de jeter la pierre aux fils de riches ou bien de les sacraliser. Il évoque une réalité beaucoup moins manichéenne. Certains dialogues sont très bruts, outranciers mais non moins réalistes. C’est aussi dans cette optique que l’on comprend et accepte la fin, qui est une morale en soi.

Chloé LEFUR-DUROUX