Le monde de Tarantino

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Tout le monde a son Tarantino préféré. Et pour cause, Tarantino rime avec pop culture. Dans une ancienne vidéo de Cyprien, il imitait « Normal Man » en disant « J’adore Coldplay et les films de Tarantino ». Si ça peut passer pour une critique, finalement, faire partie du B-A-BA du cinéma montre l’ampleur du phénomène.

Né le 27 mars 1963 à Knoxville dans le Tennesse, aux Etat-Unis, il se passionnera pour le cinéma dès son enfance et intègre ce monde dès ses 15 ans en trouvant un job en tant que projectionniste dans un cinéma porno. Il prend des cours d’art dramatique et se prend à jouer et réinventer à sa sauce des scènes de films avec des amis acteurs. Il commence à co-écrire des films avec Roger Avary et, en 1992, il réalise Reservoir Dogs.

Dès ses débuts dans les années 90, ce visage au menton fuyant et au grand nez marque l’histoire du cinéma. Son deuxième film, Pulp Fiction remporte la palme d’or au Festival de Cannes, l’année de sa sortie.
A quoi doit-il son succès ? Pourquoi ses films cartonnent chaque fois ? Plusieurs ingrédients sont capitaux à la recette d’un bon Tarantino.
Tout d’abord, ses choix musicaux. Les bandes originales de Pulp Fiction, de Kill Bill ou encore de Django Unchained sont des pépites et ont été des succès musicaux à proprement parler.
En plus de cela, on retrouve souvent dans les bandes originales officielles du réalisateur des dialogues cultes. Car c’est un autre point : l’importance et l’originalité des dialogues des long-métrages de Tarantino. Chaque personnage traduit sa personnalité à travers des dialogues qui allient originalité et souvent une pointe d’humour. Cela est d’autant plus agréable que certains de ses dialogues sont des conversations normales de protagonistes atypiques : tous les dialogues ne sont pas graves, pleins de suspense etc. Au contraire, on assiste à un débat sur l’interprétation qu’on peut faire d’un massage des pieds dans Pulp Fiction, les négociations rocambolesques du Docteur King Shultz dans Django Unchained, l’ode à la liquidation de nazis d’Aldo Raine dans Inglorious Basterds… L’importance des répliques se retrouve aussi dans des monologues très marquants comme le célèbre « Ezekiel 25 » de Samuel Jackson dans Pulp Fiction.

Les films de Tarantino se caractérisent également par une grande violence : pas un film de Tarantino n’échappe à la règle : de Kill Bill, en passant par Reservoir Dogs ou encore The Hateful Eights, le sang coule à foison. De plus, certains de ses long-métrages traitent de sujets sensibles comme le nazisme ou l’esclavage aux États- Unis.

Enfin, ce qu’il faut souligner, c’est que Tarantino semble garder son âme d’enfant en cherchant à s’amuser avec les règles du septième art. En effet, friand des « flash backs » et autres sauts temporels, il se distingue de la plupart des réalisateurs en oubliant l’idée de suivre l’histoire du film de façon chronologique (Kill Bill, Pulp Fiction, Jackie Brown). Mais ces aller-retours temporels n’affectent en rien le suspense de l’intrigue et offre au spectateur des indices et des informations d’une manière plus originale. Il joue aussi avec les codes cinématographiques par ses visuels comme on peut le voir plusieurs fois dans Kill Bill : quand il passe au noir et blanc, quand il intègre de l’animé/manga, quand les assaillants d’Uma Thurman et elle-même se retrouve en noir sur un fond bleu…

Cerise sur le gâteau. Il aurait admis que tous ses films étaient liés. Par exemple, Vincent Vega de Pulp Fiction a un frère, Vic Vega que l’on retrouve dans Reservoir Dogs. Encore plus précis, dans Pulp Fiction Mia Wallace parle d’un pilote dans lequel elle a joué et décrit alors la bande criminelle Fox Force Five qui correspond aux cinq femmes de l’organisation criminelle de Kill Bill. Il a aussi pris l’habitude de passer devant la caméra au moins une fois dans ses films (vendeur de nègres à la fin de Django Unchained par exemple). Enfin, il semble aussi avoir certaines habitudes en termes de choix d’acteurs avec Samuel Jackson comme pierre angulaire de sa filmographie. On peut aussi voir Uma Thurman, Christophe Waltz, Tim Roth apparaître dans plusieurs de ses films.

Ses influences sont multiples tant sa culture cinématographique est vaste. Il s’inspire beaucoup des films d’action avec par exemple son goût pour les westerns (qui explique ses deux derniers films) ou encore sa passion pour les films d’arts martiaux et de kung-fu sur lesquels il s’est appuyé pour réaliser les deux Kill Bill.

Tarantino a donc marqué le monde du cinéma par son esprit novateur, tout en gardant un certain amusement à défier les règles de cet art, à jouer sur les détails et à garder ses petites habitudes. Toutefois, les bonnes choses ont une fin. En effet, il garde toujours en tête sa promesse de ne faire que 10 films dans sa carrière, The Hateful Eight étant le huitième.

 

Agnès SANJIVY