The shape of water

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(Guillermo del Toro, 2017)

 

Impossible de parler de Guillermo del Toro sans évoquer les nombreuses créatures qui habitent  ses long-métrages, en passant par le faune du Labyrinthe de Pan (2006), les fantômes de Crimson Peak (2015) ou encore les vampires de sa série The Strain (2014). Le réalisateur mexicain ne se lasse pas de nous proposer des êtres fabuleux tout aussi intrigants que fascinants.  Et il revient en force avec son nouveau film The shape of water (La forme de l’eau), récit fantastique d’une idylle entre une humaine et une créature….

Elisa (Sally Hawkins), muette depuis son jeune âge, est agent d’entretien dans un laboratoire secret gouvernemental américain. Alors que la guerre froide bat son plein, les chercheurs de la base ont mis la main sur une étrange créature aquatique (Doug Jones) venu du fin fond de l’Amazonie.  Alors qu’ils essaient de savoir comment ils pourraient l’utiliser contre les Soviétiques dans leur conquête de l’espace, Elisa se prend d’affection pour cet être hors du commun.

Visuellement le film est très beau. Que ce soit le décor, la photographie, les costumes, la texture…tout est fait pour mettre en avant la créature. Guillermo del Toro crée un univers unique et hypnotisant au travers  des tons  bleu-vert  omniprésents, qui ne sont pas pour autant oppressants. Une réelle authenticité ressort de ce film, et les effets visuels sont parfaitement maîtrisés, ce qui permet de savourer pleinement cette œuvre de deux heures et de laisser la magie opérer. Le réalisateur prend son temps pour développer ses actes, et on ne s’ennuie à aucun moment.

Au-delà de ses allures de conte de fées et notamment celui de la Belle et la Bête, The shape of water c’est d’abord le récit de personnages qui ne sont pas en accord avec les mœurs imposées par la société des années soixante, où intolérance, racisme et haine cohabitent.

Mais, comme dans beaucoup de ses films, le réalisateur met en parallèle la monstruosité humaine qui existe et la fragilité de ses monstres. Les véritables monstres peuvent se révéler être les personnes que l’on côtoie et non pas l’être qui est  différent.  

C’est avec poésie que Guillermo del Toro arrive à nous questionner sur notre propre comportement face à l’inconnu : faisons- nous partie de ceux qui essaient de comprendre et de communiquer ou de ceux qui voient la destruction et le rejet comme seule issue ?

Pour finir, le compositeur Alexandre Desplat nous propose une bande son très réussie et variée qui colle parfaitement à l’univers fantastique et onirique du film.

The Shape of water est donc une véritable ode à la tolérance et à l’ouverture. Pour reprendre les propos de Guillermo del Toro : « La différence est belle est essentielle. On ne devrait pas avoir peur de ce qui est différent. On devrait vénérer et célébrer la différence ».

 

Olivia BARTHES