MARLEY

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(Kevin McDonald, 2012)

6 Février 1945, Jamaïque. Dans les collines vertes de St Ann Robert Nesta Marley naît dans la pauvreté de la campagne jamaïquaine. A 12 ans, sa mère et lui déménagent à Kingston, à Trenchtown, quartier pauvre et « chaud » de la capitale. Rejeté à cause de son métissage, il trouvera dans la musique un moyen de s’en sortir. Il rencontrera notamment Bunny Wailer à l’école avec qui il partagera le goût pour la musique. Et c’est lui-même qui le raconte : Bunny Wailer est le seul du trio des Wailers (dont Peter Tosh et Bob Marley faisaient partie) toujours en vie aujourd’hui. Vêtu de blanc, de bijoux et bien sûr de rouge, jaune et vert, il est l’un des principaux interviewés de ce film. Car, ce film s’appuie sur des archives, des photos et beaucoup d’interviews qui retracent l’histoire de Bob Marley en même temps que celle de son pays, du reggae et du rastafarisme. A travers les témoignages de sa femme Rita Marley, ses amis, quelques-uns de ses enfants, ses aventures, sa famille proche ou lointaine, son mentor, des chanteurs, les producteurs de musique etc, on découvre différentes facettes du roi du reggae : son amour pour la musique, sa foi, son côté autoritaire envers ses enfants, ses tromperies envers sa femme etc.

Mais Bob Marley est avant tout une voix, celle du reggae. A travers les archives, on découvre l’histoire du reggae, les références de Bob et les interviews permettent aussi de donner une certaine signification à ses chansons. Par exemple, la chanson « Sélassie is the chapel » est une ode à l’empereur d’Ethiopie, supposé être la résurrection de Jésus, selon le mouvement Rastafari. Cette chanson traduit et prouve la foi de Bob Marley et cela est encore plus touchant quand sa voix est posée sur les images de son enterrement en 1981 qui a rassemblé des foules. Jusqu’à sa mort, et même bien après, il aura su rassembler les gens : lors de ses performances en concert, lors de sa vie au 56 Hope Road, lors de son enterrement…

Tout le long de sa vie, ses chansons ont été des messages de résistance contre l’oppression, de tolérance, et d’amour, messages qui fonctionnent toujours aujourd’hui. Car, à travers les images du film, le réalisateur montre et souligne l’héritage de cette figure musicale, à quel point il a changé la vie de son pays, de ses habitants mais aussi comment il a fait rayonner le reggae dans le monde.

Marley est donc un film en hommage à Bob mais aussi un très bon documentaire sur le reggae et la Jamaïque pour un long-métrage de deux heures et demie. Pour connaître un peu plus ce mouvement musical, Les racines du reggae : Jah Rastafari !  est un documentaire très complet sur le sujet.

 

Agnès SANJIVY