The greatest showman

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(Michael Gracey, 2018)

 

En salle depuis le 24 janvier 2018, The greatest showman est une comédie musicale réalisée par Michael Gracey. C’est Hugh Jackman qui incarne l’excentrique visionnaire P.T Barnum, un homme ambitieux parti de rien qui va réinventer le monde du spectacle. On suit ici l’aventure de P.T Barnum, qui malgré des origines modestes, va réussir à se faire un nom dans le monde du show-business durant le 19ème siècle en montant un spectacle avec des « curiosités » ou freaks, comme dit dans le film, tels qu’une femme à barbe, un nain ou un homme mesurant plus de deux mètres.

Cependant, sous ses airs de philanthrope, l’hypocrisie du personnage principal est bien présente. P.T Barnum, n’est qu’un homme avide de gloire et de gains, qui accumule mensonges et tromperies pour amuser la galerie.

Dès la première séquence, le spectateur sait à quoi s’en tenir avec ce long métrage : du chant, de la danse, des rythmes entraînants et bien sûr du grand spectacle à base de voltigeurs, d’équilibristes ou d’animaux plus exotiques les uns que les autres. Aucun doute, le but premier de ce film est de divertir, donner le sourire aux spectateurs quitte à laisser de côté la dimension biographique. The greatest showman nous propose un univers édulcoré, où la subtilité et la profondeur sont totalement absentes.  La critique d’une société peu tolérante, l’ode à la diversité, les questions de hiérarchie… tous ces thèmes intéressants qui auraient pu donner du relief à ce film sont relégués au second plan. Le réalisateur a préféré se concentré sur le parcours haut en couleur et la folie des grandeurs du personnage principal.

A défaut d’être un film biographique qui retrace toutes les complexités de P.T Barnum, le réalisateur nous propose un film beaucoup trop prévisible, où chaque personnage joue le rôle qu’il doit jouer sans aucune originalité. On a plutôt l’impression que ce long métrage n’est qu’un prétexte à la danse et au chant.  Il en ressort aussi une grande naïveté, notamment dans le déroulement de l’histoire : on retrouve tous les poncifs que l’on connaît déjà tels que « crois en tes rêves », « ne baisses pas les bras » et «  ta famille et tes amis sont là pour te soutenir »…

La démesure est le mot qui pourrait caractériser ce long métrage, autant dans son déroulement et les rebondissements que dans sa réalisation et les effets visuels qui peuvent parfois faire sortir le spectateur du film (mention spéciale à l’éléphant que chevauche le personnage principal).

Néanmoins, le véritable charme du film se trouve dans la performance des acteurs, notamment celle Hugh Jackman tout aussi charismatique que rayonnant, rôle bien différent qu’on lui a connu lorsqu’il incarnait Wolverine ! Les moments de spectacle sont aussi exaltants qu’entraînants et permettent de laisser plus de place à Zac Efron, Zendaya ou encore Keala Settle dont les personnages n’existent et ne s’expriment que par le biais des chansons qu’ils interprètent.  Les musiques ont d’ailleurs été composées par  Justin Paul et Benj Pasek, duo qui, il y a un an, a signé les musiques de Lalaland.

The greatest showman est donc un divertissement familial, véritable récit de l’American Dream où excès et frénésie se côtoient sans pour autant étouffer le spectateur.

 

Olivia BARTHES