Alexandre Astier

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Né le 16 juin 1974 à Lyon, Alexandre Astier ne cessera alors de surprendre sa famille et de conquérir son public. Il ne s’impose pas uniquement en tant qu’acteur et réalisateur comme nous le connaissons le plus souvent, mais fait également ses preuves dans le domaine de la musique, et des représentations théâtrales aussi bien classiques qu’humoristiques.

Passionné de musique depuis sa plus tendre enfance, il intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dès l’âge de 6 ans où ses professeurs lui découvrent un réel talent qui le poussera à s’inscrire à l’American School of Modern Music à Paris en 1989. Il excelle à la contrebasse, mais joue aussi de la guitare, du piano, des percussions et met en œuvre ses talents dans un groupe de jazz-rock qu’il fonde dans sa jeunesse.

Issu d’une famille d’acteurs, il prendra (tout naturellement) des cours de théâtre et finalement, bien que la musique ait une place importante dans sa vie, il trouvera sa vocation dans le même domaine que son entourage. Ses talents de scénariste et d’acteur se font d’abord ressentir au théâtre, où il écrit et interprète divers rôles avec brio, mais c’est dans le cinéma qu’il trouvera finalement sa voie.

Tout au long de sa carrière, on le voit dans beaucoup de films ; partant de Comme t’y est belle de Lisa Azuelos et passant par LOL de la même réalisatrice pour finalement jouer dans Les aventures de Philibert, capitaine puceau ! (à voir si vous aimez l’humour totalement déjanté) de Sylvain Fusée. Il a même failli tourner un de ses films avec Alain Delon, à qui il a finalement refusé la participation car il voulait lui imposer trop de conditions et de modifications à son scénario…

En 2002 il réalise son premier court-métrage de 14 minutes, Dies irae (prix du public du festival Off-courts en 2003) qui inspirera sa série emblématique Kaamelott, qui lui donnera une grande partie de sa renommée. Cette série, dont il est le réalisateur, le scénariste, le compositeur et l’acteur principal, retrace l’histoire du roi Arthur (qu’il interprète) et de sa quête du Graal, entouré d’une bande de bras cassés que sont les chevaliers de la Table Ronde. On retrouve dans cette série la quasi totalité de sa famille et ses proches, créant ainsi une alchimie entre les acteurs – difficile à retrouver dans une quelconque autre série. En effet, le beau-père du roi Arthur (Léodagan de Carmélide) est en réalité son père dans la vraie vie, la belle-mère d’Arthur (dame Séli) est en réalité sa mère (Joëlle Sevilla), Yvain (le chevalier au Lion) est son demi-frère (Simon Astier) dont la mère (Josée Drevon) joue la mère d’Arthur (Ygerne de Tintagel).

Il parvient aussi à faire jouer quatre de ses six enfants, dont la mère est la chef costumière de la série (Anne Gaëlle Dava) ; on est donc avec Kaamelott face à une réelle entreprise familiale ! Une des particularités de la série et une volonté d’Astier a été d’inviter des acteurs connus du grand public à jouer des petits rôles ; ainsi, on voit apparaître Elie Semoune, Alain Chabat, Géraldine Nakache, Tcheky Karyo, Manu Payet, Virginie Efira, Lorànt Deutsch, et bien d’autres encore…

Kaamelott marque (pour l’instant) l’apogée de sa carrière ; il détermine avec cette série un univers bien particulier, un univers d’humour absurde assez proche finalement de celui de la troupe britannique des Monty Python. Chaque personnage de la série a un caractère bien particulier interprété à merveille par chacun des acteurs, qui arrivent à faire vivre l’humour d’Astier et à nous faire mourir de rire tout au long des saisons. Si les 4 premières saisons sont toutes plus drôles les unes que les autres, Alexandre Astier décide de changer le ton de la série pour les saisons 5 et 6 qui sont beaucoup plus sombres ; il parviendra cependant à maintenir cet humour présent peu importent les circonstances. Si le format de la série était à l’origine de 4 minutes (quand elle passait sur M6 pour remplacer Caméra Café de 2005 à 2006), Astier décide de le faire évoluer sur les deux dernières saisons, faisant alors des épisodes de 50 minutes. Il ne cesse de voir les choses en grand et veut maintenant adapter la série en une trilogie dont le tournage a normalement commencé en 2017.

En plus d’écrire des scénarios tous plus drôles et recherchés les uns que les autres et d’interpréter le rôle principal de la série, Alexandre Astier compose également le générique de Kaameloot, qui s’améliore au fil des saisons. Durant les quatre premières saisons, c’est au fameux générique simple mais beau auquel nous sommes confrontés, et Astier décide de mettre les bouchées doubles et compose une magnifique bande originale pour les deux dernières saisons.

Saison 1 à 4 :

Saison 5 et 6 :

 

Toujours dans le domaine du cinéma, Alexandre Astier met aussi son emprunte, en co-réalisation avec Louis Clichy, dans les films d’animation avec son adaptation de la bande dessinée Astérix Le domaine des dieux de René Goscinny et Albert Uderzo. Anne Goscinny (la fille de René Goscinny) déclare même : « Alexandre Astier sur le chemin d’Astérix, est depuis le formidable Astérix et Obélix mission Cléopâtre, d’Alain Chabat, ce qui est arrivé de mieux à la mémoire de mon père ».

Alexandre Astier fait également ses preuves sur scène et monte deux pièces de théâtre, inventant en quelque sorte ainsi une nouvelle forme de spectacle : mi cours-mi pièce de théâtre.

En 2012, il monte un spectacle intitulé Que ma joie demeure, dans lequel il interprète le célèbre musicien Jean Sébastien Bach. Il arrive à faire rire son public sur un fond de vérité et sur des connaissances très précises sur la personnalité et la musique de ce compositeur. On le voit osciller entre blagues et morceaux de musique sur son clavecin (unique objet qu’il y a sur scène) qu’il interprète avec une aisance incroyable. Ainsi, on rigole et on apprend les bases de musique classique, comme par exemple l’apprentissage de la composition d’une fugue.

Il entreprend en 2014 d’écrire un nouveau spectacle sur le même principe de faire rire en instruisant les gens, mais cette fois-ci sur un thème qui lui est cher depuis son enfance : l’astrophysique. Il s’est donné pour objectif de vulgariser ce domaine qui semble compliqué et inaccessible pour beaucoup de personnes. C’est ainsi qu’après plusieurs mois de recherches et de documentation sur le sujet, Astier présente L’Exoconférence. Son spectacle s’avère être tellement précis et exact d’un point de vue scientifique qu’il se verra récompensé par le prix de la société d’astronomie et d’astrophysique, et l’Astéroïde 236984 découvert en 2008 sera nommé Astier en son honneur. Mi cours de science mi spectacle humoristique, L’Exoconférence conquit tout type de public et le célèbre Etienne Klein (directeur de recherche au centre de l’énergie atomique) dit d’Astier qu’ « il porte l’astronomie à un niveau philosophique » ou encore que « c’est un génie, un type unique dans son genre dont je ne connais pas d’équivalent ».

 

Ariane HATABIAN