Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance

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(Martin McDonagh, 2017)

 

Avec quatre Golden Globes et plusieurs autres récompenses, Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three billboards outside ebbing, missouri, en anglais) est bien parti pour être un des films les plus marquants de 2018. Après Bons Baisers de Bruges (2008) et 7 Psychopathes (2012), le réalisateur Martin McDonagh nous propose cette fois ci une tragi-comédie abordant des thèmes universels tels que la haine, la justice mais aussi le pardon.

Après sept mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes (Frances McDormand) décide de louer trois panneaux publicitaires sur une route quelque peu abandonnée, à l’entrée de la ville, pour y inscrire un message controversé visant le chef de la police, William Willoughby (Woody Harrelson). Et quel message ! Elle va dénoncer l’incapacité de celui-ci à retrouver l’assassin de sa fille.

Avec ses allures de film policier, le spectateur pourrait s’attendre au schéma habituel de ce genre de long métrage : un crime a été commis, le mystère demeure tout au long du film et l’intrigue est résolue à la fin…Et bien détrompez-vous ! Ce n’est pas la première fois que Martin McDonagh s’amuse avec les acquis des spectateurs. En effet, malgré son titre très évocateur, Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance est un film qui raconte la souffrance d’une mère qui a subi une perte. On va suivre le personnage déterminé et plein de rage de Mildred Hayes dans sa quête de réponses ainsi que les conséquences que ses actes auront sur les habitants d’Ebbing

Imprévisible est le mot qui définirait ce film. Autant dans son déroulement, que dans ses personnages ou même son ton.  Three Billboards est sans aucun doute un drame violent et très sombre. Et pourtant, les dialogues  pleins de réparties et de sarcasmes offrent un  humour noir qui laisse, dans un certain sens, souffler le spectateur. La réelle réussite du réalisateur a été de nous proposer des personnages ambiguës, hauts en couleur qui évoluent et se remettent en question tout au long de l’histoire. Le seul bémol que l’on pourrait lui attribuer est que  ce changement se fait parfois de manière drastique et abrupte.   Three billboards n’est cependant pas qu’une histoire de vengeance, de souffrance et de deuil. C’est aussi, au travers de ses personnages complexes, une critique des maux qui touchent l’Amérique actuelle comme  le racisme, l’homophobie ou encore la brutalité policière. « La haine attise la haine » est le maître mot du film. Chaque personnage est dans un sens victime et acteur de la violence et du chaos qui s’installent dans cette petite ville du Missouri.

Malgré un excellent scénario et un casting cinq étoiles, Three Billboards laisse un sentiment de perplexité, notamment avec sa fin, que certains trouveront surement frustrante.  Néanmoins, on ne peut pas enlever à Martin McDonagh la parfaite maîtrise entre drame et comédie qu’il a su insérer dans son long métrage. Sans oublier le jeu des acteurs qui est juste incroyable.

 

Olivia BARTHES