Downsizing

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Downsizing (Alexander Payne, 2017)

 

 

La cause environnementale est une cause clé du siècle dans lequel on vit et le cinéma utilise de plus en plus ce thème pour nous exposer différentes solutions à la surpopulation. Dans Downsizing, Alexander Payne propose une autre issue : des chercheurs norvégiens ont trouvé comment réduire le corps humain jusqu’à environ 12 cm. Aux Etats-Unis, les américains seront miniaturisés à LeisureLand, où les villas prolifèrent. Et pour cause, le principal argument pour passer le cap est l’idée d’aide à la cause environnementale mais surtout le fait que le patrimoine financier que l’on dispose en tant que vrai humain sera largement multiplié une fois petit. C’est pourquoi Paul Safranek, américain moyen interprété par Matt Damon, décide de sauter le pas. Sa femme l’ayant abandonné lâchement au cours de sa miniaturisation, Paul se retrouve seul dans LeisureLand et va alors faire des rencontres et découvrir les différentes facettes de la vie dans cette minuscule cité.

Le principal argument de la promotion de Downsizing est son aspect visuel avec la différence de taille et l’originalité de l’idée de réduction d’un corps. En effet, il est amusant de voir le processus de miniaturisation, de découvrir le monde de LeisureLand et la nature vue d’un lilliputien et de se dire que cela existera peut-être dans quelques décennies. Matt Damon joue parfaitement l’américain moyen avec ses chemises courtes, son petit bide apparent, son bar favori etc. Tout comme le spectateur, il est impressionné par cette découverte et par le progrès de la science. On retrouve également avec joie Christophe Waltz qui joue le rôle du voisin serbe riche, qui profite de sa nouvelle vie et suit Paul dans ses aventures. De plus, on constate que le réalisateur a voulu faire un effort de diversité avec le début d’histoire d’amour entre Paul et la Vietnamienne Ngoc Lan Tran, interprétée par Hong Chau, qui montre un début de changement de mentalité très positif dans le monde du cinéma.

Mais… cette love story arrive comme un cheveu sur la soupe et n’apporte pas grand-chose au message du film. Rajoutons à cela le fait qu’au-delà de l’originalité du visuel et de l’histoire, le potentiel du film n’est pas assez exploité par le réalisateur. Tout d’abord, si on voit au début et à la fin quelques rencontres entre grands et petits, elles auraient pu être beaucoup plus présentes une fois la miniaturisation de Paul. Cela se rajoute à l’autre aspect non exploité du film : à un moment donné, Paul va à son bar fétiche pour parler de sa décision d’être miniaturisé. Un homme au comptoir s’énerve contre lui en disant que ceux qui sont réduits devraient plus payer d’impôts car ils ne participent pas de la même manière à l’économie nationale. Il aurait été intéressant d’approfondir cette perspective du downsizing, plutôt que de seulement l’évoquer rapidement. Enfin, l’aspect environnemental de ce phénomène perd vite de sa force tant il est discrédité à LeisureLand. Certes, cela est vraisemblable dans un monde mondialisé et c’est là une critique de notre mode de pensée actuel mais le film aurait pu être un plus grand défendeur de la cause écologique, au lieu de faire passer les écologistes pour une secte de babas cools.

Ce qu’il en ressort de Downsizing c’est l’idée d’un film amusant très bon dans son visuel, son originalité et sa créativité mais qui aurait pu exploiter beaucoup plus les problèmes qui découlent de la miniaturisation. Il aurait porté un message plus fort que celui de « la société de consommation, c’est mal » et qui aurait pu faire beaucoup plus réfléchir sur le fond du problème.

Agnès Sanjivy