Le Crime de l’Orient-Express

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(Kenneth Branagh, 2017)

 

On s’est bien rendu compte que les studios américains aiment dépoussiérer et moderniser des personnages de littérature. Cela a été le cas avec  Sherlock Holmes porté à l’écran par Guy Ritchie en 2009 puis 2011… Aujourd’hui, c’est au tour du célèbre détective belge Hercule Poirot, personnage emblématique des romans d’Agatha Christie.

Dans cette aventure, Hercule Poirot prend l’Orient-Express pour rentrer d’Istanbul vers Londres. Cependant, le luxe et le calme du voyage sont soudainement bouleversés par un meurtre, celui de  Samuel Ratchett, un homme au passé mystérieux. Poirot se lance alors dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.

Kenneth Branagh interprète dans son nouveau long métrage un Hercule Poirot bien différent de celui que l’on a pu connaître dans la version de 1974 avec Albert Finney ou encore celle de 2010 avec le fabuleux David Suchet.

Ce personnage normalement froid, pointilleux et rempli de certitudes est dans cette nouvelle version montré sous un nouveau jour. On découvre un Hercule Poirot beaucoup plus humain, ouvert et enclin aux sentiments.  Son côté exigeant et tatillon n’a pas pour autant disparu mais est quasiment utilisé pour la mise en place de running gags tout au long du film, ce qui tourne presque parfois à la caricature.

Cependant, l’essentiel est là : la vision du monde du détective est binaire. Selon lui, il y a le mal et le bien. Le monde est soit noir soit blanc…il va pourtant comprendre que ce n’est pas aussi simple.

Pour finir sur ce personnage, il semble lui manquer deux dimensions capitales que l’on pouvait retrouver dans une des anciennes versions, qui donnent un poids considérable au dénouement : sa foi  et sa lassitude quant aux vices des  êtres humains.

L’un des points positifs de ce film est sa photographie. Le réalisateur met de côté l’ambiance poussée du huis-clos pour nous offrir de grands plans de paysages enneigés et hostiles. Ce qui contraste parfaitement avec la douceur et la chaleur des lumières de l’intérieur du train. De plus, certaines scènes se passent en extérieur, ce qui laisse respirer le spectateur entre chaque moment de tension.  Les cadrages sont aussi très intéressants puisqu’ils mettent parfois le spectateur à l’écart des évènements comme s’il était un simple passager.

Pour revenir à l’histoire, le Crime de l’Orient-Express nous propose aussi de nous interroger sur des sujets universels et toujours d’actualité tels que la justice, la corruption, le bien et le mal, la religion ou encore le racisme.

Le Crime de l’Orient-Express version 2017 est donc une bonne entrée en matière dans l’univers d’Hercule Poirot pour ceux qui ne connaissaient pas les romans d’Agatha Christie. Modernisé et dynamisé, le personnage offre de nouvelles perspectives de développement. Il sera donc intéressant de suivre les futures aventures et de redécouvrir, pour ceux qui connaissaient déjà, les plus célèbres enquêtes policières auxquelles le détective a eu affaire. Kenneth Branagh semble avoir lui aussi anticipé  de potentielles suites, en faisant référence dans les dernières secondes à une étrange Mort sur le Nil.

Olivia BARTHES