Big Little Lies

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(Jean-Marc Vallée & David E. Kelley, 2017)

Adaptée du roman à succès de Liane Moriarty et portée par une distribution digne d’une super-production hollywoodienne, la mini-série Big Little Lies (finalement reconduite pour une deuxième saison) avait de quoi faire parler d’elle. Sa réalisation par Jean-Marc Vallée – connu pour le francophone C.R.A.Z.Y. et le très américain Dallas Buyers Club – fût chaudement récompensée d’un Emmy Award en 2017… suivi de 7 autres Emmy cette même année.

A Monterey, bourgade embourgeoisée de Californie, la série suit le quotidien de 3 femmes aux personnalités différentes, réunies par leur implication en tant que mère d’élève dans l’école maternelle de la ville. Dès le début de la série, un drame futur est annoncé. Creusant les passés plus ou moins troubles de ces femmes – non sans difficultés et à grands coups de pagaie – l’intrigue débobine peu à peu le fil des évènements pour  tenter d’expliquer la tragédie finale.

Les prestations des acteurs y sont à saluer, certains brillant particulièrement par leur interprétation pleine de rage exprimée (Alexander Skarsgard et Laura Dern) ou contenue (Nicole Kidman). Pourtant, la série s’égare très rapidement dans un sentimentalisme lassant, d’ailleurs souligné par une bande-son inadaptée et trop omniprésente. Et si la série élucubre, radote et se perd, c’est qu’elle en a le temps : il aurait suffit d’un film pour raconter cette histoire somme toute intéressante, mais peu complexe. Les flash-forwards y figurent en surnombre, grumeaux ennuyeux dans une intrigue déjà peu fluide, et les situations se répètent comme un disque rayé, annonces superfétatoires d’une fin assez prévisible.

Atout de la série cependant, la focalisation sur des problématiques féminines (l’absence de politisation ne permettant pas d’aller jusqu’à parler de féminisme) offre un regard neuf sur le genre de la série policière, dans le sillon d’oeuvres comme Top of the Lake de Jane Campion, dont on retrouve d’ailleurs de nombreux codes esthétiques. Sont abordés avec une certaine intelligence des sujets souvent écartés des productions traditionnelles, tels que les violences conjugales, le viol, la sexualité féminine ou encore la relation à la maternité.

Un bilan mitigé, donc, pour ce qui aurait pu être une oeuvre d’une grande percussion. De l’image à l’émotion suscitée, toutes les clés du divertissement sont présentes et parfaitement maîtrisées. Mais pour qui attendait davantage d’une série si unanimement portée au pinacle, la déception sera de mise… 

Tahani SAMIRI