L’armée du crime

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(Robert Guédiguian, 2009)

 

Paris 1944. Paris occupée par les allemands. Paris au cœur des attentats à répétitions de groupes de résistants armés. Parmi ces groupes, un se détache du lot : celui dirigé par l’Arménien Missak Manouchian. L’armée du crime relate donc l’histoire de ce groupe de résistants communistes des FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans – Main d’œuvre Immigrée) venant de tous pays (Pologne, Roumanie, Italie, Espagne, France..) qui au début ne parvient pas à trouver un objectif bien précis ni à s’organiser convenablement. L’arrivée de Missak Manouchian à la tête de leur organisation va changer la destinée de ce groupe. Soucieux de son éthique, Manouchian refuse de commettre des attentats meurtriers envers les Allemands comme lui suggère le reste du groupe. Il se rend cependant rapidement compte de la nécessité de ces actions pour peser dans le paysage politique si complexe de cette époque. L’esprit du réseau Manouchian se résume alors en une seule phrase : « N’oubliez jamais ca : on tue des hommes mais on est du coté de la vie », prononcée par un des membres du réseau.

Le titre du film est tiré d’une affiche de propagande allemande (l’affiche rouge) sur laquelle était inscrite : « Des Libérateurs ? La libération par l’armée du crime ».

Cette affiche se veut provocatrice (écritures en rouge, images choquantes…) et a pour objectif de faire passer les résistants uniquement pour des terroristes. Elle a été réalisée dans l’optique de la condamnation à mort de 23 membres du réseau Manouchian.

Le film reste fidèle à la réalité, malgré quelques modifications totalement assumées par Robert Guédiguian mais qui lui seront reprochées à de nombreuses reprises. Le casting est réalisé à merveille et les acteurs parviennent à nous transporter complètement dans cet univers si violent et cruel.

Comme à son habitude, Robert Guédiguian réussit à donner un rôle à sa femme Ariane Ascaride qui, ici, joue avec brio le rôle de la mère de Thomas, un membre du groupe résistant. Simon Abkarian, dans le rôle de Missak Manouchian, arrive à très bien faire ressortir le caractère de ce dernier : poète dans l’âme qui ne jure que par sa femme Mélinée Manouchian (interprétée par Virginie Ledoyen) à qui il adressera cette ultime lettre qui clôture le film et qui en bouleversera plus d’un.

Ariane HATABIAN