Elle s’appelait Sarah

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(Gilles Paquet-Brenner, 2010)

 

Paris, juillet 1942. Des rires d’enfants sur un fond de java bleue de Fréhel, des pas dans l’escalier, un coup sourd à la porte, et tout bascule. Des familles emmenées à cause de leurs étoiles jaunes. Et Sarah… Sarah, une fillette naïve qui, pour protéger son petit frère, décide de le cacher dans un placard en lui promettant de revenir le chercher. 60 ans plus tard, Julia, journaliste, commence des recherches pour un article sur la rafle du Vel d’Hiv. Au détour d’un appartement familial, elle découvre l’existence de Sarah et se retrouve, malgré elle, dans une histoire bouleversante.
Un film plein de justesse qui ne décrit pas la Rafle mais qui nous la raconte à travers l’innocence d’une enfant face à toutes ces atrocités. Le Vel d’Hiv, les camps, la séparation, la haine de certains, le courage d’autres, l’aide d’un couple… Sarah traverse tout ceci sans jamais faiblir avec un unique objectif en tête : Michel, ce petit frère resté caché dans leur appartement du Marais. L’histoire nous rattrape, elle rattrape Julia, la mettant face à des vérités inavouables. Cette seconde partie du film, plus actuelle n’en est pas moins touchante. En effet, Julia se plonge dans un passé douloureux en recherchant la trace de Sarah, en rencontrant ses proches et en découvrant la douloureuse vie d’une jeune femme détruite après ces événements de juillet 1942.
Les acteurs portent brillamment ce drame historique et en particulier les deux actrices principales que sont la talentueuse Kristin Scott-Thomas et la prometteuse Mélusine Mayance. Kristin Scott-Thomas incarne à la perfection cette américaine dont l’histoire personnelle bascule suite à la découverte de l’Histoire de la Rafle française. L’espoir et l’insouciance de cette petite fille confrontée trop tôt au pire sont, quant à eux, transmis au public grâce à l’incroyable interprétation de Mélusine Mayance.
En adaptant le roman de Tatiana de Rosnay au cinéma, Gilles Paquet-Brenner frappe un grand coup et s’éloigne de ses habitudes en nous offrant une histoire bouleversante et criante de vérité sur le calvaire juif vu par des yeux d’enfant. Elle s’appelait Sarah fait désormais partie des films de référence sur la Rafle aux côtés de La liste de Schindler, de La Rafle ou encore d’Un secret et est à découvrir impérativement.

Claire Taboret