Guerre et Paix

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(Robert Dornhelm, 2007)

 

 

Le célèbre roman de Léon Tolstoï, Guerre et paix, a été une source d’inspiration pour de nombreuses productions cinématographiques. Après avoir été adapté en 1917 dans un film russe muet, c’est au tour d’Henry Fonda et Audrey Hepburn d’essayer en 1956 de retranscrire l’univers bien particulier de Tolstoï. Ce thème a même été repris par Woody Allen en 1975 dans Guerre et Amour.

Le téléfilm dont je vais vous parler, diffusé en 2007 sur France 2, se démarque des autres adaptations par un casting surprenant et un magnifique travail de réalisation orchestré par Robert Dornhelm. En effet, ce film tire sa force du casting international réalisé : ainsi, les acteurs viennent de France (Clémence Poésy), d’Italie (Alessio Boni), d’Allemagne (Alexander Beyer), de Roumanie (Ana Catarina Morariu) et bien sûr de Russie (Dima Isaev). Tourner un film avec des acteurs de différentes nationalités rajoute évidemment une difficulté supplémentaire et témoigne donc de la qualité des acteurs sélectionnés.

Guerre et Paix relate donc, à l’image du roman de Tolstoï, d’un côté la montée en puissance de Napoléon et sa soif de conquête, et de l’autre le destin croisé de trois familles de la noblesse russe : les Rostov, les Kouragine et les Bolkonsky. Les membres de ces familles vont alors tous être liés tôt ou tard ; que ce soit par l’amour, la haine ou le désir de vengeance. Ce téléfilm en quatre parties retrace plus précisément l’histoire de la jeune et naïve Natacha Rostov (Clémence Poésy), dont le destin va être bouleversé par la guerre. Promise au prince Andrei Bolkonsky (Alessio Boni), elle devra surmonter durant les quatre épisodes l’éloignement avec son prince parti au front, mais elle devra également résister aux charmes d’Anatole Kouragine (Ken Duken), réputé pour être un des plus grands séducteurs et manipulateurs de Moscou… L’histoire de cette jeune Russe, bien que touchante, ne serait rien sans la dimension historique poignante du téléfilm. En effet, durant les quatre épisodes, on ne cesse d’alterner entre scènes de la vie quotidienne et scènes de guerre. L’histoire débute avec l’annonce de l’entrée en guerre de la Russie, aux côtés de l’Autriche, contre la France de Napoléon, et se termine par la capitulation de Napoléon face à Moscou. Les romances de Natacha, qui peuvent sembler futiles pour certains, sont donc sans cesse rythmées par des scènes de combats magnifiquement réalisées et véridiques d’un point de vue historique.

Robert Dornhelm parvient avec brio à retranscrire l’ambiance de la Russie du XIX° siècle décrite par Léon Tolstoï, avec des costumes tous plus travaillés les uns que les autres. Son souci du détail et d’esthétique nous plonge tant au cœur des grandes réceptions de la noblesse tsariste que dans les scènes de batailles sanglantes de cette époque. Enfin, la bande originale composée par Jan A.P Kaczmarek finit de nous envoûter pleinement dans cet univers tolstoïen.

Ariane HATABIAN