Blade Runner 2049

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(Denis Villeneuve, 2017)

Blade Runner 2049 est enfin sorti en salle, 35 ans après le premier volet de Ridley Scott. Il n’est pas nécessaire d’avoir vu le premier film pour voir celui-ci mais une petite remise à niveau ne peut pas faire de mal. Blade Runner était un cauchemar futuriste fantasmant sur ce à quoi ressemblerait le monde en 2019.

A cette époque, la Tyrell Corporation dirige de sa poigne Los Angeles, où les taches les plus ingrates sont confiées aux « réplicants », robots génétiques perfectionnés qui a priori ne peuvent pas ressentir comme les humains et qui ont une durée de vie de quatre ans. Un « Blade Runner », flic chasseur de robots (Harrison Ford, en pleine époque Han Solo et Indiana Jones), était chargé de traquer quatre dangereux hors-la-loi baptisés « Nexus 6 ».

Le premier film est long et dépressif voir apocalyptique (l’action se déroule de nuit, dans le brouillard ou sous la pluie) ; il fut d’ailleurs un échec commercial cinglant. Cependant, le temps lui a permis de devenir un film mythique grâce à son atmosphère très travaillée et à son questionnement précurseur : la quête de l’humanité dans un univers déshumanisé. On y découvrait que les robots devenaient plus humains (histoire d’amour impossible) et que les humains devenaient, eux, des robots réduits aux pulsions mécaniques.

C’est cet aspect-là que l’on retrouve notamment dans Blade Runner 2049. Un film beaucoup plus accessible (discutable, certes) qui ressemble à un film original de sci-fi malgré son budget de blockbuster (placements de produits à volonté, comme dans le premier).

On retrouve les réplicants, un « Blade Runner » (Ryan Gosling, pas son rôle le plus convaincant) et l’univers des classes 30 ans après le premier volet. Le scénario et l’action ne sont pas transcendants mais ce n’est pas vraiment pour ça que l’on est là (ca ne peut pas être pire que le premier de toute façon). Par contre, là où le film est au rendez-vous c’est qu’il nous en met plein la vue ! Que ce soit les hologrammes, la ville déchue, les couleurs…Roger Deakins, directeur de la photographie surdoué, nous laisse bouche bée devant ces paysages apocalyptiques (dont un beau clin d’œil à Mad Max). Il en met également plein les oreilles avec une bande son dantesque signée Hans Zimmer qui complète parfaitement l’expérience cinématographique.

On se laisse emporter dans l’intrigue malgré quelques longueurs qui sont atténuées par des scènes esthétiquement sublimes avec notamment Ana de Armas, l’hologramme omniprésent qui compose une séquence incroyable visuellement mais aussi dans ce qu’elle évoque sur le futur des rapports humains.

Finalement, on retrouve l’esprit de Denis Villeneuve dans cette quête identitaire lente et froide qui fait écho à notre société actuelle comme s’il nous criait « you are not special ». Cependant, on reste frustré du manque de complexité dans l’intrigue et de la fin trop facile (on repense au dénouement mémorable de Prisoners).

Pour aller jusqu’au bout des choses, une petite mention spéciale pour le débat qui a été ouvert à la fin de Blade Runner (no spoiler) : le sequel ne donne pas de réponse définitive mais quelques nouveaux éléments 😉

Chloé Lefur