A Ghost Story

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(David Lowery, 2017)

 

Ce film largement acclamé-  il a remporté le Prix du jury au Festival du cinéma américain de Deauville 2017 ainsi que le Prix de la critique internationale et le Prix Kiehl’s de la Révélation- ne fera pas l’unanimité chez les spectateurs.

Et pour cause, le synopsis est très simple : un homme revient hanter la maison dans laquelle il vivait avec sa femme ; et le film l’est tout autant. Par simple, on n’entend pas ‘simpliste’. C’est un film avec un début, une fin et entre les deux, 90 minutes lentes, quasi muettes. Des plans anormalement longs, des scènes sans dialogues, une musique omniprésente et surtout un acteur sans visage. C’est un film très original, comme on en voit rarement et qui en démotivera certains au bout de 30 minutes. Le format 4:3 sera le premier obstacle : on ne comprend pas l’intérêt et ça ajoute un côté super hipster (il a été sélectionné à Sundance) qui dessert un premier acte déjà assez décevant pour ceux qui voulaient de l’action –ou pire, ceux qui rêvaient d’un film d’horreur.

Ceux, au contraire, qui dépasseront le cap d’une scène en particulier (no spoiler)  y verront une œuvre philosophique, introspective et poétique. Un hymne calme et paisible à l’amour, la vie et le temps à travers l’errance d’un fantôme. Ils y verront l’esprit de Terrence Malick dans cette contemplation naturelle. Casey Affleck (l’acteur qui articule le moins du cinéma américain) et Rooney Mara forment un couple-anonyme- convaincant malgré le peu de scènes qu’ils ont en commun.

Le dernier point de controverse est le choix de n’utiliser qu’un drap blanc pour illustrer le fantôme. La technologie de notre époque aurait pu facilement permettre un costume plus complexe mais le réalisateur a décidé de nous laisser face à l’image du fantôme de notre enfance, une âme coincée sous un drap avec juste deux trous pour les yeux. C’est un pari risqué, on est tenté au début de rigoler, certains plans sont vraiment trop en décalage ; et puis on s’y habitue et ça ne donne plus envie de rigoler.

En ce qui me concerne, je suis encore dans un entre-deux un peu flou. Je le recommande dans le sens où c’est un film rare et qu’il est bon de se rappeler que parfois le silence vaut plus que des mots. Les personnes ayant une grande imagination se régaleront puisque le film n’impose rien, il nous laisse, à l’image de son fantôme, errer dans notre propre psychologie. Cependant, je conseillerai à toute personne ayant vu le film de lire la pensée du réalisateur concernant la fin car elle n’est pas forcément limpide et pourtant l’intention est intéressante.

Pour ceux que cela tente, il faudra attendre le 20 décembre en France- une période qui ne convient pas du tout au film à mon avis.

PS : Je ne conseille pas de voir la bande annonce qui est loin d’être représentative du film.

Chloé LEFUR