Divorce à l’italienne

Posted by in Films

(Pietro Germi, 1961)

 

L’action se déroule en Sicile, dans le petit village imaginaire d’Agromonte. Le baron Ferdinando Cefalù est marié à Rosalia, mais est amoureux de la jeune Angela. Le divorce étant interdit par la loi italienne, Ferdinando ne sait comment se débarrasser de sa femme. Le fait divers d’une femme ayant tué son mari après avoir été trompée lui donnera pourtant une idée… 

Divorce à l’italienne est un film emblématique de la « comédie à l’italienne », genre né dans les années 1950 en Italie en réaction aux drames sombres principalement produits durant la guerre. Au départ écrit comme un drame, le scénario de Pietro Germi prendra peu à peu la forme d’une satire aux accents burlesques pour finalement aboutir à la comédie que l’on connaît. La satire deviendra par la suite la forme d’expression privilégiée du réalisateur.

Marcello Mastroianni porte le film grâce à son interprétation fabuleusement moderne du baron Cefalù, n’usant de la théâtralité que pour mieux servir la poésie ou l’ironie des situations. Promenant son air désabusé dans une Sicile effervescente, il joue avec humour de sa célèbre allure de dandy mélancolique déjà aperçue chez Antonioni (La Notte) ou Fellini (La Dolce Vita) pour cette fois la tourner en ridicule.



Le ridicule est en effet le moteur de ce film aux multiples rebondissements (le scénario sera d’ailleurs récompensé d’un Oscar en 1963). Ridicule des règles régissant une société encore hypocritement prude, ridicule des stratagèmes élaborés par les personnages pour contourner ces règles, ridicule finalement de l’infécondité de ces manœuvres démesurées.

Volontairement grotesque sans jamais être grossier, le film témoigne d’une grande finesse dans son humour comme dans sa réalisation. Coup de pied facétieux dans la fourmilière d’une administration italienne désuète, Divorce à l’italienne n’a aujourd’hui perdu ni de son panache ni de sa malice. Un classique à (re)découvrir.

Tahani SAMIRI