Baby Driver

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(Edgar Wright, 2017)

 

Baby Driver suit l’histoire de Baby, un brave garçon devenu chauffeur pour des braqueurs de banque. Amoureux de la jeune serveuse Debora, Baby fera tout pour quitter le milieu du banditisme et vivre avec elle son idylle sur les routes américaines.

Malgré ce scénario quelque peu réchauffé (une version plus pitre et dynamique du Drive de Winding Refn ?) Baby Driver frôle le franc succès. Les idées de mise en scène sont nombreuses, du plan séquence génial du début à la scène du lavomatic qui n’est pas sans rappeler La La Land. L’utilisation de la musique comme véritable alliée de la mise en scène est enthousiasmante, autorisant le réalisateur à chorégraphier les scènes d’action avec une rare précision pour donner au film un rythme exaltant. L’humour est au rendez-vous, avec un casting réunissant quelques « vedettes » du second degré – l’on pense ici à Kevin Spacey, à Jamie Foxx mais surtout à Jon Hamm.

Et pourtant, comme de bien trop nombreuses superproductions américaines, après avoir dévoilé tout son génie dans les premières minutes, Baby Driver se vautre rapidement dans tous les travers du navet. Et quand le début du film est aussi son apogée, les minutes qui suivent l’introduction paraissent très longues…

A quoi tient ce sabotage programmé ?

Certainement au personnage même de Baby, dont la prétendue complexité ne cache en vérité qu’un manque frappant d’intérêt et d’intensité – la mollesse d’interprétation d’Ansel Elgort y étant probablement pour quelque chose. Son histoire d’amour avec Debora tourne rapidement à la bluette ridicule, et ce au moment même où le film abandonne par ailleurs toute tentative d’autodérision pour  se ranger dans le spectaculaire caricatural avec explosions de voitures, punchlines inefficaces et bagarres interminables. Chose agaçante mais à laquelle il semble qu’il faille nous habituer dans les comédies d’action, même les voitures semblent avoir des rôles plus fouillés que les personnages féminins, encore et toujours relégués au rang de faire-valoir mi-niais mi-sexy…

Ni totalement raté ni vraiment réussi, Baby Driver pêche à devenir le film moderne et percutant qu’il aspirait à être pour promptement verser dans le mièvre et le régressif… sans espoir de retour. Un projet intéressant trop vite avorté. Dommage.

 

Tahani SAMIRI