Freaks and Geeks

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(Paul Feig, 1999)

 

1 saison : 18 épisodes de 42 minutes

De nombreuses séries ont pour décor des lycées américains et pour intrigues les histoires d’amitié et de désamour entre les étudiants de ces établissements. Cependant, peu ont su saisir avec autant de justesse les aspirations et les rêves de cette génération si singulière, entre enfance et âge adulte. Freaks and Geeks, grâce à son écriture intelligente et son casting 5 étoiles, relève haut la main ce pari.

La série débarque à la rentrée 1999 sur NBC. Créée par Paul Feig (Mes Meilleures amies, Spy) mais surtout produite par Judd Apatow (40 ans toujours puceau, En cloque mode d’emploi), elle s’inscrit dans la lignée des comédies américaines traditionnelles, peuplée de personnages-types : le voyou, l’intello, le nerd etc.

Freaks and Geeks se démarque pourtant de ses consœurs en cela qu’au fur et à mesure des épisodes, chaque personnage sera creusé, révélant des nuances et aspérités inattendues et attachantes. C’est là que réside tout l’attrait de la série : les clichés n’en sont jamais vraiment et l’écueil de réduire les adolescents à une succession de stéréotypes galvaudés est toujours savamment évité.

La série se concentre sur 2 personnages principaux : Lindsay (Linda Cardellini) et Sam Weir (John Francis Daley), une sœur et un frère fréquentant tous deux le lycée McKinley dans le Michigan. Lindsay est une jeune fille brillante qui rêve de traîner avec les « freaks », voyous branchés de l’établissement. Sam, lui, côtoie les « geeks ».

Tout au long de la saison (il n’y en aura pas d’autres, faute d’audience à l’époque), le spectateur suivra les péripéties heureuses ou malheureuses de ces deux personnages et de leurs amis.

Autour de Lindsay donc, les « freaks ». Parmi eux l’on retrouvera Daniel (James Franco), le beau gosse du lycée, un peu roublard, et sa copine Kim (Busy Philips), grande gueule au cœur tendre, mais aussi Nick (Jason Segel), gaillard sensible et maladroit, et Ken (Seth Rogen), roi du sarcasme.

De l’autre côté, les amis de Sam ne sont pas en reste : Neil (Samm Levine) ambassadeur désuet d’un humour juif pas toujours à propos, et surtout Bill (Martin Sarr) garçon dégingandé, touchant de maladresse – peut-être le meilleur personnage de la série.

Au-delà de ces deux bandes d’amis qui portent la série, gravitent alentour une myriade de personnages tous aussi brillamment écrits et interprétés les uns que les autres : les parents, les professeurs de sport et de mathématiques, le conseiller d’orientation, les camarades de classe… La fresque des déboires adolescents est complète, traitée avec humour et bienveillance, et d’une telle acuité que, près de 20 ans après, la série ne semble pas avoir pris une ride.

Grâce à Paul Feig et Judd Apatow, et à leur casting prometteur (parmi lequel les plus attentifs sauront aussi retrouver Shia Labeouf, Jason Schwartzman ou encore Ben Stiller), retourner au lycée n’aura jamais été aussi doux.

Tahani SAMIRI